Au Groupe Scolaire Aurore, ce 29 novembre, tout était teinté d’orange. Mais au milieu des symboles et des discours, une voix a particulièrement marqué la journée : celle de Christelle Vuanga, députée nationale et figure incontournable de la lutte contre les violences faites aux femmes en RDC.
Venue assister au lancement des 16 Jours d’Activisme contre les violences basées sur le genre, Christelle Vuanga n’a pas choisi la posture d’observatrice silencieuse. Elle a choisi celle qu’on lui connaît : la combattante, l’éclaireuse, la porte-voix de celles que l’on n’entend pas assez.
Quand l’école devient tribune
Face aux élèves et aux enseignants, elle a pris la parole avec fermeté et émotion. Elle a rappelé que les violences faites aux femmes ne sont pas un débat théorique, mais une réalité qui se vit dans les maisons, les rues, les téléphones et désormais, les réseaux sociaux.
« Le silence protège les bourreaux. La parole protège les victimes. Et l’éducation protège l’avenir », a-t-elle lancé, fixant le regard d’une jeunesse attentive, presque muette sous la force de ses mots.
Pour la députée, l’école est l’espace stratégique où commence la transformation sociale : on y apprend à lire et à compter, mais aussi à reconnaître l’autre, à le respecter et à renoncer à toute forme de violence.
Derrière les chiffres, des vies
Christelle Vuanga a insisté sur un point central : l’humanisation des statistiques. Chaque donnée sur les violences basées sur le genre cache un visage, une larme, parfois un drame irréparable.
Elle a exhorté les élèves à ne jamais banaliser :
• un mot humiliant lancé à une fille,
• un message menaçant envoyé à une femme,
• un « buzz » construit sur la réputation détruite d’une autre.
Pour elle, la violence numérique est la nouvelle frontière du combat, une violence tout aussi destructrice que celle des coups, parce qu’elle mutile l’estime de soi, l’avenir et parfois… la vie.
Engager aujourd’hui pour protéger demain
La députée a fait de ce message un credo : l’activisme ne doit pas durer 16 jours, mais 365 jours. Elle a appelé les écoles, les familles et les jeunes à prolonger ce combat au-delà d’une campagne, en le transformant en réflexe citoyen.
À l’école Aurore, Christelle Vuanga a étendu le champ de son plaidoyer : de la sensibilisation classique à la responsabilisation individuelle, en passant par la vigilance communautaire.
« Défendre une femme, ce n’est pas un slogan. C’est un devoir. Défendre sa dignité, c’est défendre notre humanité », a-t-elle martelé.
L’héritage d’une journée
À la fin de l’événement, les couleurs restaient, mais ce sont les mots de Christelle Vuanga qui voyageaient encore. Dans les couloirs, dans les échanges d’élèves, dans les regards pensifs de celles qui se sont peut-être reconnues dans les témoignages du jour.
Ce 29 novembre n’a pas seulement été un lancement.
Il a été une transmission.
Transmission d’un combat.
Transmission d’une conscience.
Transmission d’un héritage : celui d’une RDC où aucune femme ne devrait souffrir ni en silence, ni sous les écrans.
Et cet héritage, il a porté un nom ce jour-là : Christelle Vuanga.


