À l’occasion de Makutano 2025, organisé sous le thème « L’heure du choix », le Ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Molendo Sakombi, a marqué les esprits en présentant un bilan énergique remarquable et une vision renouvelée du futur énergétique de la République démocratique du Congo.
Six ans après le Forum de Matadi, la RDC affiche une progression sans précédent de son taux d’accès à l’électricité, passé de 9 % en 2019 à 21,5 % en 2025, soit une hausse impressionnante de 139 %.
Malgré cette avancée historique, le pays reste confronté à un paradoxe majeur dans lequel quatre Congolais sur cinq demeurent sans accès à l’électricité, alors même que le territoire national dispose de l’un des potentiels énergétiques les plus élevés au monde, avec plus de 100 GW hydroélectriques et 82 GWc solaires.
Inga comme pilier stratégique, un mix énergétique comme réponse immédiate
Dans son intervention, Aimé Molendo Sakombi a rappelé que le site d’Inga reste la pièce maîtresse de la stratégie énergétique congolaise.
Toutefois, il a souligné que sa mise en œuvre complète nécessite du temps, justifiant ainsi le recours à un mix énergétique diversifié.
Pour répondre aux besoins urgents de millions de ménages et d’industries, le gouvernement mise désormais simultanément sur l’hydro, le solaire, le thermique et des importations ciblées.
Cette approche vise à pallier rapidement le déficit énergétique, tout en posant les bases d’une production locale plus robuste.
Vers la fabrication locale de panneaux solaires et batteries
Sur instruction du Président de la République, une étude de faisabilité sera lancée conjointement avec le Ministère des Finances afin d’explorer la production locale de panneaux solaires et de batteries.
Cette initiative vise à réduire les coûts d’acquisition du matériel énergétique, créer des économies d’échelle et accélérer l’accès à une énergie propre et abordable.
Accélération de l’électrification rurale : 100 centrales solaires/hybrides financées
Avec 78 000 villages à électrifier, le gouvernement s’appuie sur l’ANSER pour multiplier les projets à travers le pays.
Cent centrales solaires et hybrides sont actuellement en cours de financement, dont vingt-six seront opérationnelles dès le 25 décembre.
Selon les estimations, un million de Congolais accéderont pour la première fois au confort moderne grâce à ces nouvelles installations.
En zones urbaines, la SNEL s’attaque aux poches noires
Pour les centres urbains, la SNEL a lancé un vaste programme de résorption des zones non desservies et de modernisation du réseau.
Dans la capitale, une avancée majeure a été annoncée. La commune de Kisenso sera raccordée au réseau national avant les fêtes de fin d’année, une première historique saluée par les habitants et les autorités locales.
Un secteur privé mobilisé : l’exemple de Kinsuka
Yves Kabongo, promoteur de la centrale hydroélectrique de 900 MW à Kinsuka, a salué le dynamisme du ministre Molendo Sakombi.
Il a souligné que les progrès réalisés en un mois de collaboration dépassent largement ceux obtenus au cours des quatre années précédentes.
Il a appelé l’ensemble des développeurs énergétiques à s’inscrire dans cette nouvelle dynamique impulsée par l’État.
Le secteur minier, moteur économique, enfin soutenu énergétiquement
Le ministre a rappelé que le secteur minier représente 65 % du budget national, mais ne fonctionne qu’à 20 % de sa capacité faute d’énergie suffisante.
Pour y remédier, le gouvernement autorise désormais les sociétés minières à importer de l’énergie et les accompagnera dans la structuration de leurs propres projets énergétiques, afin d’améliorer leur productivité.
Kakobola bientôt opérationnelle : les obstacles enfin levés
Molendo Sakombi a également annoncé que le gouvernement a levé l’ensemble des obstacles qui retardaient la mise en service de la centrale de Kakobola. Celle-ci sera opérationnelle avant la fin de l’année, renforçant encore le réseau national.
Makutano 2025 aura ainsi servi de tribune à une vision énergétique claire, réaliste et résolument tournée vers l’avenir.
Entre réformes structurelles, partenariats renforcés et mise en œuvre rapide des projets, le ministre Aimé Molendo Sakombi confirme la volonté du gouvernement d’offrir à la RDC une énergie à la hauteur de son potentiel et de ses ambitions.
Lydia Mangala


