La deuxième édition de la Rencontre d’Exception organisée par l’Association Femmes d’Exception du Congo (FDEC Asbl) a offert une plateforme d’échanges unique autour de l’autonomisation économique des femmes.
Placée sous la présidence de Lydie Omanga Dihandju, cette rencontre a mis en lumière les défis persistants d’accès aux ressources financières et les solutions pour promouvoir l’inclusion économique des femmes en RDC.
Une ouverture empreinte de gratitude et de sens
Dès son mot d’ouverture, Lydie Omanga a tenu à rappeler la dimension spirituelle et sociale de l’événement.
« Je tiens à remercier le Seigneur, Maître des temps et des circonstances, pour le souffle de vie que nous recevons chaque jour. Que nos familles soient en bonne santé, malgré ce qui se passe à l’Est de notre pays, est une véritable bénédiction », a-t-elle déclaré.
Les 16 jours d’activisme et la lutte contre les violences numériques

La Présidente a ensuite souligné l’importance des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, dont le thème cette année cible les violences dans le numérique.
« Le numérique est devenu plus qu’un outil, c’est une identité. Les femmes et les jeunes filles sont souvent victimes de harcèlement ou de revenge porn et tant d’autres. Il est important d’éduquer et de sensibiliser sur une utilisation saine des réseaux sociaux ainsi que sur la manière de réagir lorsqu’il y’a harcèlement en ligne », a-t-elle expliqué.
En ce qui concerne cela, l’Autorité de Régulation de la Poste et de Télécommunications, où elle exerce en tant que vice-présidente, a depuis peu mis en place l’Autorité de Régulation du Numérique pour gérer toute préoccupation liée aux violences numériques.
Inclusion financière : un enjeu national
Lydie Omanga a remis en contexte le thème de « Gouvernance inclusive », thème de la première édition des Rencontres d’Exception qui a posé les bases pour les éditions qui vont suivre.
C’est dans ce sens, qu’elle a rappelé l’objectif principal de cette deuxième édition de renforcer l’autonomie financière des femmes et réfléchir aux moyens d’assurer un accès équitable aux services financiers.
« Aujourd’hui, nous parlons d’inclusion financière, mais c’est plutôt d’exclusion financière qu’il est question au quotidien et les personnes qui en subissent le plus le coût ce sont les femmes »

« Comment on peut agir pour rendre un accès équitable au financement, un accès équitable ne serait-ce qu’à la gestion ou même à la connaissance et à la formation aux ressources financières? Comment on fait? C’est l’objet en faut de cette édition. Échanger avec vous, comprendre pouvoir se dire qu’est-ce qui fait qu’il y’a exclusion. Comment on fait pour y remédier? Est-ce que ça serait de mettre en place une banque de développement dédiée aux femmes? En sachant que cette banque si effectivement on la met en place, est-ce qu’elle va vraiment solutionner le problème?
Que font les banques actuelles? Parce qu’une banque de développement n’est pas une banque commerciale. Qu’est-ce que les banques commerciales offrent en terme des services dédies aux femmes qui puissent promouvoir l’inclusion? Qu’en est-il de la formation? Quelle place a-t-elle dans l’inclusion ? » s’est-elle interrogée.

Lydie Omanga estime que la RDC a un déficit qu’elle justifie par le fait de ne pas subventionner financièrement les femmes.
« Les femmes remboursent mieux et plus vite que les hommes car elles sont moins dépensières, elles ont conscience de la famille, des enfants et même de la famille dans le sens élargie. Au moins essayez de donner la chance aux femmes », s’est-elle expliquée.
Mettre en avant les modèles inspirants

La Présidente de la FDEC a mis en avant l’exemple inspirant du Dr Akinwumi Adesina, ancien ministre nigérian de l’Agriculture et ancien président du groupe de la Banque Africaine de Développement.
« Le Dr Adesina a compris que ce sont les femmes qui tiennent l’économie et qui étaient à même de mettre la nourriture sur la table. Il a initié le programme AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa) pour combler l’écart de financement entre hommes et femmes. Aujourd’hui, certaines de une de nos sœurs congolaises a reçu plus de 900 000 dollars grâce à ce programme », a-t-elle raconté.

Elle a, par la suite, invité les femmes à faire des recherches sur ce programme et s’y intéresser et juger si elles seront éligibles ou pas.
« Bien souvent, quand on a pas la vision on ne peut même pas entamer une action », a-t-elle affirmé, rendant hommage au Dr Akinwumi Adesina qu’elle qualifie homme de vision et d’action.
« C’est pour vous dire que les visions les Innovations c’est pas seulement question de l’Europe, nous aussi en Afrique on a des idées, nous aussi en Afrique on développe des solutions pour notre continent. Et pourquoi je le dis parce que le docteur Abesina a effectivement cette vision de l’Afrique qui travaille pour elle, de l’Afrique qui met en avant ses talents, de l’Afrique qui met en avant ses femmes », a-t-elle exhortée les femmes entrepreneures.

« On peut pas construire dans les hommes. Revendiquer le fait que les femmes puissent avoir des fonctions, puissent être respectées commence par le fait aussi de respecter les hommes. Nous ne somme pas des ennemis, nous sommes des aliés. Quand on fait appel à vous ouvrez les oreilles et écoutez nous », s’est elle adressée aux hommes genrés.
« Il ne tient qu’à vous de continuer à faire en cette parole se poursuive par rapport à vos fils, vos petits fils, vos frères, vos membres de famille. Parce que cette attitude on est pas entrain de la supplier, c’est obligé si vous voulez survivre parce que c’est nous qui vous portons, qui vous mettons au monde, qui vous éduquions. Donc à chaque fois que vous nous perturbez, vous nous frustrez, vous êtes entrain de frustrer votre femme, votre mère, votre sœur, votre fille. Ce que vous faites, d’autres le font à vos mères et à vos filles », a-t-elle ajouté.
La formation sur mesure pour les femmes entrepreneures
La formation proposée par la FDEC a permis de sélectionner 13 lauréates pour un programme en marketing, leadership et présentation de projets financiers.
« Elles étaient 72 eu aujourd’hui elles ne sont que 13, disons 20% du nombre de départ. C’est pareil dans la vie courante tout le monde veut être chef, avoir des titres mais peu d’entre eux persévèrent », a-t-elle comparé.
« Le leadership transformationnel, c’est aussi savoir faire les bons choix pour soi et pour ses enfants. Les femmes doivent se valoriser, persévérer et contribuer à l’évolution du pays. Nous ne faisons pas seulement de l’inclusion financière, mais nous traçons également des routes pour les générations futures », a-t-elle annoncée.
Cap vers la troisième édition des Rencontres d’Exception.
La troisième édition des Rencontres d’exception aura pour thème : « Inclusion Numérique ».
il y’aura bcp plus des modules pour les numériques qui aborderont les avantages, l’importance voir même les inconvénients du numérique toit en conservant les valeurs et coutumes africaines.
« Femme d’exception n’est pas un groupe exclusif. Nous semons partout, et nous continuons à avancer petit à petit pour faire de l’inclusion financière un outil de transformation et d’opportunité pour toutes les femmes du Congo », a-t-elle conclu.
À travers cette 2ᵉ édition, la FDEC réaffirme son rôle de catalyseur du leadership féminin en RDC et son engagement pour une société inclusive et équitable.
Lydia Mangala


