De retour en République Démocratique du Congo le samedi 9 août 2025, par l’aéroport international de Ndjili, le président de l’ADD Congo et porte-parole de la coalition Lamuka, Prince Epenge, a clarifié publiquement la position de sa plateforme politique sur aucune entrée dans le gouvernement Suminwa II, malgré l’invitation du président Félix Tshisekedi.
Un refus motivé par des priorités sécuritaires et politiques
Accueilli par une foule de militants, Prince Epenge a affirmé que cette décision n’est pas un rejet du dialogue avec le pouvoir, mais une question de priorités nationales.
« L’urgence aujourd’hui, c’est pacifier le pays, libérer les territoires occupés, réconcilier les Congolais et amorcer les réformes électorales. Nous sommes à 30 mois de la fin du mandat de monsieur Félix Tshisekedi. Il est hors de question de différer le dialogue pour préparer un glissement », a-t-il expliqué.
Selon Lamuka, le contexte sécuritaire, marqué par l’occupation de certaines zones de l’Est par la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, exige une action immédiate avant toute intégration gouvernementale.
Un appel à un dialogue politique digne et sincère
Prince Epenge a insisté sur la nécessité d’un dialogue inclusif, national et franc, pour résoudre les différends politiques et renforcer la cohésion nationale :
« On n’entre pas au pouvoir par chantage, intimidation ou pour chercher l’honneur et l’argent. Nous sommes prêts à participer à un dialogue national pour se dire des vérités, se réconcilier et laver les linges sales en famille », a-t-il déclaré.
Le porte-parole de Lamuka a également rappelé que la vision de sa coalition est de bâtir un pouvoir fondé sur la dignité, capable de changer réellement les conditions de vie des Congolais.
Un gouvernement élargi mais partiellement renouvelé
Annoncé dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 août 2025, le gouvernement Suminwa II compte 53 membres, avec la suppression du ministère de la Recherche scientifique.
Certaines figures de l’opposition y ont fait leur entrée, comme l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito, désormais vice-Premier ministre en charge du Budget, ou Floribert Anzuluni, nommé à l’Intégration régionale.
Côté reconductions, la plupart des ministres de l’équipe précédente ont conservé leur place, avec quelques permutations.
En choisissant de rester en dehors de cette nouvelle équipe, Lamuka confirme son rôle d’opposant structuré et maintient la pression pour un dialogue politique à court terme.
Lydia Mangala


