Le cimetière de Kintambo, situé au cœur de Kinshasa, en République démocratique du Congo, est le théâtre d’une tragédie silencieuse. Selon le député provincial Steve Mulumba, président de la commission Environnement, Aménagement du territoire et Développement durable de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, plus de 123 200 tombes ont disparu en raison de pratiques d’enterrements superposés sur une période de 44 ans.
Une Pratique Inquiétante
Lors d’une récente mission d’information et de contrôle, M. Mulumba a révélé que la pratique des enterrements superposés, consistant à enterrer de nouveaux corps au-dessus d’anciennes sépultures, a progressivement effacé les traces des défunts.
« Aujourd’hui, on peut estimer que plus de 123.200 corps ont ainsi disparu, devenus introuvables à cause de ces superpositions successives », a-t-il déclaré.
Cette situation a des conséquences dramatiques pour les familles qui ne peuvent plus identifier ni localiser les tombes de leurs proches. « Ce n’est pas seulement un problème administratif ou urbanistique, c’est une question de dignité humaine, de respect des morts et de considération pour les vivants », a souligné M. Mulumba.
Un Lieu de Mémoire
Pour le député, un cimetière n’est pas un simple espace foncier, mais un lieu de mémoire et de recueillement. « Lorsque les sépultures disparaissent sous d’autres enterrements, c’est une partie de notre histoire collective qui s’efface », a-t-il ajouté. Cette réflexion met en lumière l’importance de préserver la mémoire des défunts et le lien qui unit les vivants à leurs ancêtres.
Un Manque de Solutions
M. Mulumba a également souligné qu’en dehors du cimetière de Kintambo, il n’existe pas d’autres cimetières disponibles. Cependant, cela ne devrait en aucun cas justifier le fait de bafouer la mémoire de ceux qui nous ont quittés, a-t-il martelé. « Nous gardons un souvenir vivant dans nos cœurs », a-t-il insisté.
Un Appel à l’Action
L’objectif de la mission d’inspection menée sur place vise non seulement à vérifier les conditions environnementales et urbanistiques, mais également à interpeller les autorités urbaines afin que ce cimetière soit fermé définitivement. La situation actuelle appelle à une réflexion urgente sur la gestion des espaces de sépulture à Kinshasa, afin de garantir le respect des défunts et de préserver la dignité humaine.
La disparition de ces tombes au cimetière de Kintambo est un sujet qui mérite une attention particulière. La mémoire des défunts, ainsi que le respect dû à leurs familles, doivent être au cœur des préoccupations des autorités. Il est impératif de trouver une solution viable pour préserver ces lieux de mémoire, afin que l’histoire collective de la communauté ne s’efface pas dans l’oubli.
Joëlle Luniongo


