L’exclusion de l’honorable Christelle Vuanga de la liste des candidats retenus au poste de rapporteur adjoint de l’Assemblée nationale suscite une profonde indignation.
Derrière cette décision, se dessine un tableau inquiétant de manœuvres politiques, de favoritisme et d’influences régionales qui fragilisent la démocratie congolaise et bafouent les principes mêmes du droit parlementaire.
En écartant une figure féminine forte et ambitieuse, compétente et respectée, l’institution parlementaire renvoie un message contradictoire à l’opinion publique sur la transparence, l’équité et la représentativité dans la gestion du pouvoir.
Une exclusion aux allures d’injustice politique
Selon les informations confirmées, le Bureau de l’Assemblée nationale a retenu une seule candidature, celle de Clotilde Mutita, au poste de rapporteur adjoint, écartant notamment celles de Christelle Vuanga, de Gratien Iracan et quatre autres candidats.
Une décision jugée arbitraire, contraire à la logique institutionnelle et aux principes démocratiques.
D’après plusieurs observateurs, cette élimination ne serait pas fortuite. Elle relèverait d’une volonté politique de neutraliser certaines voix jugées trop indépendantes au sein de l’opposition.
« Depuis le départ, il était évident que les manœuvres contre la candidature de Christelle Vuanga n’étaient pas le fruit du hasard. Tout a été mis en œuvre pour l’écarter, même après qu’elle ne soit plus en lice », déclare Laeticia Muadi.
Des pressions internes, des tentatives de corruption et des alliances opportunistes auraient pesé dans la balance, trahissant une dérive institutionnelle où les équilibres politiques priment sur la légitimité démocratique.
Les fondements juridiques ignorés
La Constitution de la RDC, notamment à travers ses articles 100 à 116, ainsi que le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, autorisent tout député national, qu’il soit membre d’un parti ou indépendant, à poser sa candidature à une fonction au sein du Bureau.
Aucune disposition n’exige une appartenance partisane stricte. De plus, le mandat du député est libre, général et non révocable, comme le rappelle la jurisprudence (arrêt R. Const 1453/163/164 du 15 janvier 2021).
En excluant Christelle Vuanga sur des bases non fondées, le Bureau de l’Assemblée viole donc l’esprit même de la loi, sapant la crédibilité du processus et ouvrant la porte à une interprétation politisée du droit parlementaire.
Cette dérive est d’autant plus préoccupante que, selon le député Gratien Iracan, « aucune commission technique non réglementaire ne peut s’arroger le pouvoir d’écarter des candidats en dehors des dispositions officielles du Bureau ».
Entre tribalisme, favoritisme et courage féminin
Derrière la façade institutionnelle, cette affaire révèle aussi des tensions identitaires et régionales persistantes. Plusieurs sources affirment que ce qui dérangeait le plus, au-delà des ambitions politiques de Christelle Vuanga, c’était son origine non katangaise.
Une dérive tribale qui, si elle se confirmait, représenterait un grave recul pour la démocratie congolaise et la cohésion nationale.
Dans un contexte où la représentation féminine demeure fragile, la mise à l’écart d’une femme de conviction comme Vuanga est une atteinte à l’égalité politique et à la participation des femmes à la gouvernance du pays.
Malgré la tempête, Christelle Vuanga a su garder sa dignité. Sa résilience et son sang-froid illustrent le parcours d’une femme d’honneur, consciente que les combats les plus justes sont souvent les plus difficiles.
Un signal d’alarme pour la démocratie congolaise
Ce qui s’est joué à l’Assemblée nationale dépasse le simple enjeu d’un poste. C’est l’expression d’une lutte plus large pour la transparence, la justice et la restauration de la confiance citoyenne dans les institutions.
Exclure une candidature sur des bases subjectives, c’est affaiblir le Parlement, réduire la diversité des voix et compromettre le pluralisme politique.
La RDC, qui aspire à consolider son État de droit, ne peut progresser qu’en respectant les règles qu’elle s’est elle-même données.
En définitive, cette affaire doit servir d’électrochoc. Elle rappelle que la démocratie ne se mesure pas à la seule alternance politique, mais à la capacité des institutions à garantir la justice, la liberté et l’égalité de tous devant la loi.
La Rédaction


