Le football congolais entame une nouvelle ère. Le lundi 4 mai 2026, au terme d’une élection à deux tours sous haute tension organisée à l’hôtel Sultani de Kinshasa, Timothée Menayame a été officiellement élu président de la Ligue nationale de football (LINAFOOT). Au bout du suspense, il succède à Bosco Mwehu pour un mandat de quatre ans.
Rien n’était acquis d’avance pour Menayame. Si le premier tour laissait présager une victoire rapide avec 50 voix en sa faveur, la résistance de son principal challenger, Delphin Kikuni, a contraint les délégués à un second tour décisif. Kikuni, crédité de 48 voix lors de la première manche, a longtemps fait planer l’ombre d’un retournement de situation. C’est finalement lors de l’ultime confrontation que Timothée Menayame a creusé l’écart, s’imposant avec 65 voix contre 63, dans un duel particulièrement serré qui témoigne des enjeux de cette élection.
Ce changement à la tête de la LINAFOOT s’inscrit dans un calendrier électoral particulièrement chargé pour le sport roi en République démocratique du Congo. Le président sortant, Bosco Mwehu, n’a pas brigué un nouveau mandat à la Ligue, ayant choisi de porter ses ambitions vers la présidence de la Fédération congolaise de football association (FECOFA).
Au-delà du résultat, le profil du nouveau président intrigue autant qu’il rassure. Né le 16 avril 1968 à Kinshasa, Timothée Menayame Wazolua incarne un pur produit du football local, forgé à tous les niveaux de la pyramide sportive. Son parcours débute dans les années 1990 dans la commune de Lemba, avant de s’affirmer progressivement comme un dirigeant expérimenté. Il a notamment occupé des fonctions au Racing Club de Matete, au Cercle Sportif des Jeunes de Lemba, avant de s’imposer comme un acteur clé de la structuration du football de proximité en tant que responsable communal des sports puis président de l’Entente urbaine de football de Kinshasa Lipopo. Son passage à ce poste a été salué pour sa rigueur administrative et son sens de l’organisation.
Son expérience s’étend également au cœur même de la Linafoot, où il a évolué pendant plus de deux décennies. Vice-président de la commission de discipline et compétition, puis commissaire de match, il a acquis une connaissance approfondie des rouages du championnat national, des litiges administratifs aux défis organisationnels. Cette immersion prolongée constitue aujourd’hui l’un de ses principaux atouts pour piloter l’instance.
Désormais à la tête de la Ligue, Timothée Menayame affiche des ambitions claires. Il entend restaurer la crédibilité du championnat congolais en mettant l’accent sur le respect strict des règlements, la lutte contre les pratiques décriées comme le favoritisme et la corruption, ainsi que la valorisation du mérite sportif. Son objectif est également de moderniser les compétitions nationales afin de repositionner la Linafoot parmi les championnats les plus compétitifs du continent africain.
Pour Menayame, le défi est immense. Entre la stabilisation du calendrier du championnat, la gestion des droits télévisés, l’amélioration de l’arbitrage et la structuration des clubs, le nouveau président devra agir rapidement pour rassurer les acteurs du football congolais. Diplômé des Hautes Études de Commerce de Kinshasa, marié et père de famille, il arrive avec une légitimité technique certaine, mais aussi sous une forte pression dans un environnement marqué par des crises récurrentes.
Fraîchement élu, il hérite d’une institution en quête de renouveau. Le mandat de quatre ans qui s’ouvre s’annonce décisif. Entre attentes élevées, exigences de résultats et nécessité de réformes profondes, Timothée Menayame a désormais les cartes en main pour transformer l’essai et redonner au championnat national ses lettres de noblesse.
Josaphat Mayi


