La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a rassuré le public sur l’effectivité de la mesure de réduction du train de vie du gouvernement.
En marge du forum TICAD 9 au Japon, elle a expliqué à la presse de Kinshasa que cette décision ne concerne pas uniquement les ministres, mais également le Chef de l’État, et qu’elle a déjà commencé à produire des effets concrets sur les finances publiques.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de guerre et de pression sur les ressources de l’État, particulièrement dans le financement des missions de défense et de sécurité.
Une application concrète de la mesure
Interrogée sur l’ampleur de la réduction, la cheffe du gouvernement a déclaré avec fermeté :
« La réduction du train de vie des institutions nous l’avons déjà appliquée. Moi, en tant que Première ministre, tous mes frais sont coupés de 30 %. Tout ce que le trésor public dépense pour moi, c’est moins 30 %. Et je ne suis pas la seule, tous les autres membres du gouvernement ainsi que le Chef de l’État sont concernés par ça. Ce n’est pas quelque chose qu’on lance juste comme ça comme un slogan, c’est quelque chose qu’on applique », a-t-elle expliqué.
Par ces mots, Judith Suminwa Tuluka a voulu souligner que la mesure n’est pas symbolique.
Selon elle, elle permet de réaliser des économies substantielles et de réaffecter ces ressources à des secteurs prioritaires, notamment l’investissement et la sécurité nationale.
Elle a précisé que cette décision s’inscrit dans une logique d’arbitrage entre les différentes dépenses publiques, particulièrement dans un contexte où une partie significative des recettes de l’État est consacrée à la sécurité du pays.
Une discipline financière renforcée
La Première ministre a également évoqué les efforts entrepris pour réduire d’autres dépenses.
Elle a expliqué que certaines missions à l’étranger sont désormais évaluées de manière plus rigoureuse et que tout achat de véhicules neufs a été suspendu depuis l’année précédente.
« Moi, en tant que Première ministre, j’ai pris les véhicules de mon prédécesseur, je n’ai acheté aucun autre. Il y a quand même un certain nombre de dépenses qu’on a arrêtées compte tenu de la situation et nous continuons à analyser où nous pouvons faire des coupes pour dégager un peu plus d’argent qui pourra être alloué à d’autres choses », a-t-elle affirmé.
D’après la cheffe du gouvernement, cette approche s’inscrit dans une politique de gestion responsable des fonds publics. Elle cherche à maximiser l’impact des dépenses de l’État, tout en s’assurant que les secteurs essentiels, tels que la défense et la sécurité, bénéficient des moyens nécessaires pour fonctionner efficacement.
Un geste patriotique pour soutenir les forces de défense
Cette politique de réduction du train de vie intervient dans le prolongement des instructions du Président Félix-Antoine Tshisekedi, données au lendemain de la prise de Goma par la rébellion de l’AFC/M23.
Le Chef de l’État avait alors exhorté les institutions publiques et leurs animateurs à adopter des mesures d’économie afin de dégager des ressources supplémentaires pour soutenir les militaires et les policiers engagés dans la lutte contre le M23.
Selon le compte rendu du conseil des ministres, il avait été décidé de suspendre les missions non essentielles à l’étranger, les acquisitions superflues, ainsi que certaines subventions et augmentations salariales pendant une période d’un an, sauf dérogation spéciale.
Judith Suminwa Tuluka a rappelé que ces mesures avaient déjà commencé à porter leurs fruits. Elle a précisé que les militaires et les policiers avaient constaté une augmentation significative de leurs soldes, certaines doublant, ce qui confirme l’effectivité des engagements pris par le gouvernement.
Par ce geste, le gouvernement souhaite non seulement soutenir les forces de défense mais également instaurer une culture de rigueur et de discipline financière dans la gestion des fonds publics.
Une politique durable et ambitieuse
La Première ministre a indiqué que son institution ne compte pas s’arrêter là et qu’elle explore d’autres moyens de rationaliser les dépenses pour accroître les crédits alloués à l’investissement. Elle a souligné qu’une gestion prudente et transparente du budget est indispensable pour répondre aux défis du développement et assurer la sécurité des citoyens.
Selon elle, la guerre et les menaces sécuritaires ne doivent pas empêcher le pays de poursuivre ses ambitions de croissance et de progrès social.
En conclusion, la déclaration de Judith Suminwa Tuluka confirme que la réduction du train de vie du gouvernement est une mesure réelle et appliquée, et non un simple slogan politique.
Elle traduit la volonté du gouvernement de faire des économies significatives afin de soutenir les secteurs stratégiques et de renforcer la résilience financière de l’État en période de crise.
Lydia Mangala


