Après une brève suspension due à des contraintes matérielles et logistiques, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a annoncé la reprise de l’opération de démolition des constructions anarchiques à Kinshasa.
Cette décision a été confirmée lors d’une réunion d’évaluation tenue le lundi 8 septembre 2025, sous la présidence du Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, en présence des membres de la commission d’exécution et du représentant du Gouverneur de la capitale.
L’objectif affiché est de sécuriser les sites sensibles, protéger la population et récupérer les espaces publics illégalement occupés.
Une reprise attendue après une suspension technique
Initialement lancée il y a quelques mois, l’opération avait été interrompue pour réajuster la logistique et renforcer les moyens techniques. Cette pause, selon le Gouvernement, était nécessaire afin de permettre une reprise plus efficace et méthodique.
La relance marque une nouvelle dynamique entre autres des bulldozers et équipes techniques seront déployés de manière soutenue, notamment à la baie de Ngaliema, où les travaux avaient débuté timidement, mais aussi sur d’autres sites stratégiques tels que :
– les emprises ferroviaires,
– les berges des rivières,
– et les abords de la station de captage d’eau de la REGIDESO.
Ces zones, déclarées non aedificandi (interdites de construction), constituent des points névralgiques pour la sécurité urbaine et l’approvisionnement en services publics essentiels.
Protéger les vies et prévenir les catastrophes

La présence d’habitations et de commerces dans ces espaces sensibles n’est pas sans conséquence. Les constructions anarchiques favorisent :
– les inondations, à cause de l’obstruction des lits des rivières ;
– les éboulements de terrain, qui frappent régulièrement certaines zones instables de la capitale ;
– la fragilisation des infrastructures vitales, comme les canalisations ou les installations de captage d’eau.
En relançant cette opération, le Gouvernement entend réduire les risques de catastrophes naturelles et prévenir les pertes en vies humaines, qui se sont trop souvent multipliées à Kinshasa lors des saisons pluvieuses.
Une opération sensible sous contrôle sécuritaire
Le Vice-Premier Ministre Shabani Lukoo a reconnu le caractère délicat de ces démolitions, parfois perçues comme brutales par les populations affectées.
Pour cette raison, il a instruit les services de veiller à ce que les interventions se fassent dans un strict respect de l’ordre public.
L’objectif est d’imposer la légalité, mais éviter les tensions et incidents. Ainsi, policiers, agents de l’urbanisme et techniciens seront mobilisés dans une approche coordonnée.
Restaurer l’ordre urbain et l’intérêt général

Pour les autorités, l’enjeu dépasse la simple destruction d’habitations illégales. Il s’agit de rendre à Kinshasa son équilibre urbain, en récupérant des espaces publics destinés à l’aménagement, à la sécurité environnementale et à l’amélioration des conditions de vie.
La prolifération anarchique des constructions étouffe la capitale, complique la gestion urbaine et accentue la vulnérabilité des habitants.
En agissant, le Gouvernement réaffirme sa volonté de replacer l’intérêt collectif au-dessus des intérêts particuliers.
Lydia Mangala


