À Kinshasa, la créativité a pris des allures de manifeste ce samedi 28 mars 2026, à l’occasion de l’ouverture de la quatrième édition du Festival Africa Style. Installé au cœur de la capitale, à la Maison Hobah, cet événement a transformé l’espace en un véritable carrefour d’idées, de rencontres et d’ambitions, réunissant créateurs, entrepreneurs, artistes et acteurs du secteur culturel autour de la conviction de faire de la culture un levier de développement.
Dès les premières heures, l’ambiance a donné le ton. Entre sons Afropop, discussions professionnelles et visites immersives des stands, la journée a pris la forme d’un laboratoire vivant où se croisent inspiration et business créatif. Dans ce décor, les mots de bienvenue ont été portés par l’initiateur du festival, Eric Mpoyi, aux côtés de la coordinatrice et responsable de communication Anaya Sakombi, qui ont rappelé l’ambition de créer une plateforme durable pour les talents africains.
Le moment le plus attendu de l’ouverture officielle a été le discours de la marraine de cette édition, Bijou Banyaku, dont les mots ont résonné comme un appel à l’audace et à l’engagement.
« Nous avons simplement besoin d’être nous-mêmes : d’être audacieux, d’être créatifs, d’être fiers de ce que nous faisons », a-t-elle affirmé.

« Prenez votre place, car ce festival n’est pas une foule anonyme, c’est vous, votre énergie, vos talents et vos ambitions », a-t-elle poursuivi.
Après cette ouverture, le festival a officiellement lancé son Expo & Creative Market, donnant lieu à une immersion au cœur des créations locales, entre entrepreneuriat, innovation et expressions artistiques.
Les échanges se sont ensuite prolongés dans des panels de haut niveau, notamment sur le leadership féminin et l’impact social, où l’Afropop a été présenté comme un véritable levier d’émancipation et d’expression identitaire.

Le deuxième panel, consacré à la bancabilité et à la croissance des écosystèmes créatifs, a réuni plusieurs experts du secteur financier, dont le DGA de l’Ecobank Joël Kabuya et et le DGA d’Access Bank Gaëtan Munkeni. Les échanges ont mis en lumière la structuration du marché culturel pour garantir un financement durable.
Joël Kabuya a notamment insisté sur la nécessité de mieux organiser les mécanismes existants, soulignant que les projets doivent désormais répondre à des exigences de rigueur et de projection économique pour espérer accéder à des financements solides.
De son côté, Gaëtan Munkeni a rappelé que le développement d’un secteur culturel ne peut être dissocié de la maturité de son marché.
« On ne peut pas financer durablement un secteur sans comprendre sa capacité de consommation et son organisation », a-t-il déclaré, insistant ainsi sur la nécessité de penser la culture comme une véritable économie structurée.

Dans le meme panel, la parole a également été donnée à des figures de l’entrepreneuriat et du leadership féminin comme Virgile Mpethy et Tysia Mukuna, qui ont partagé des témoignages sur la résilience, la construction de soi et les défis de l’entrepreneuriat en Afrique.
Tysia Mukuna, présidente de la commission des jeunes entrepreneurs de la FEC et DG de La Kinoise, a notamment insisté sur une réalité souvent ignorée.
« Être entrepreneur, ce n’est pas seulement avoir une image, c’est avoir une vision, une stratégie et une capacité d’action », a-t-elle précisé.

Puis ç’en est suit un panel consacré au business, au leadership et à l’influence. Ce panel a réuni plusieurs figures féminines influentes du paysage entrepreneurial et institutionnel.

Parmi elles, Christine Makwenge Malu, entrepreneure et directrice générale de La Maison Hobah, a rappelé son engagement pour la construction d’un écosystème créatif structuré. Fondatrice de l’agence The BEE et créatrice de l’application CBA dédiée à la beauté africaine, elle incarne une nouvelle génération de femmes qui investissent dans le lifestyle et l’innovation culturelle.
À ses côtés, Pamela Ilunga, directrice générale adjointe de Vodacom et présidente de la Fondation Vodacom Congo, a apporté une vision institutionnelle du leadership et de l’impact social à travers les grandes entreprises.
Le panel a également donné la parole à Elo Walha, figure engagée dans le coaching et l’accompagnement des jeunes et des femmes. Dans son intervention, elle a insisté sur la responsabilité d’impact des femmes africaines et congolaises, affirmant l’importance de savoir de quelle manière elles influencent leur entourage, en particulier les jeunes femmes, afin de les amener vers une nouvelle pensée et une posture qui leur permet de trouver leur propre positionnement.

Les intervenantes ont mis en lumière la vision d’un leadership féminin assumé, capable de transformer les mentalités, d’inspirer les jeunes générations et de renforcer la place des femmes dans les secteurs du business, de la culture et de l’innovation.
Cette première journée s’est clôturée dans une atmosphère conviviale d’afterwork et de networking, ponctuée de performances musicales et de rencontres informelles entre créateurs, investisseurs et partenaires.
Il convient de préciser que cette quatrième édition du Festival Africa Style se déroule sur deux jours, et se poursuivra donc ce dimanche 29 mars 2026, avec un programme encore plus riche, axé sur de nouvelles discussions, des performances artistiques et des échanges stratégiques autour de la créativité et de l’entrepreneuriat culturel.
Soutenu par le ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine dirigé par Yollande Elebe, le Festival Africa Style s’impose désormais comme une plateforme stratégique où se dessinent les contours d’une nouvelle économie culturelle en République démocratique du Congo.
Entre inspiration, réflexion et business, cette quatrième édition aura surtout rappelé que la créativité congolaise n’attend plus d’être révélée, elle s’organise, se structure et avance désormais avec ambition.
Lydia Mangala


