Le Ministre de l’Industrie et du Développement des PME, Louis Watum Kabamba, a été accueilli, ce jeudi 5 juin 2025, par la Commission ATI-NTIC de l’Assemblée nationale pour un échange approfondi autour de la politique industrielle de la République démocratique du Congo.
Accompagné de son équipe ministérielle et des responsables des structures sous tutelle, le Ministre a détaillé l’état des chantiers en cours avant de recevoir de nouvelles questions pour lesquelles il s’est engagé à apporter des réponses complémentaires sous 48 heures.
Ce moment de dialogue illustre la volonté conjointe des représentants du gouvernement et des députés de faire de l’industrialisation un pilier du développement durable.
Progrès dans les Zones Économiques Spéciales (ZES)

Devant l’Assemblée, le Ministre Watum a tout d’abord dressé un bilan des initiatives prises pour développer les Zones Économiques Spéciales à travers le pays.
Il a rappelé que plusieurs sites ont d’ores et déjà été viabilisés et que des infrastructures de base, telles que les réseaux d’électricité et les aménagements routiers, sont en cours de finalisation.
Le Ministre a souligné que ces efforts doivent permettre d’attirer des investisseurs nationaux et internationaux, en offrant un cadre réglementaire simplifié et des incitations fiscales.
Selon lui, la mise en service progressive de nouvelles ZES contribuera à structurer des pôles industriels capables de générer de l’emploi et de renforcer la production locale.
Encouragement à l’entrepreneuriat des jeunes

Louis Watum a ensuite évoqué les dispositifs mis en place pour promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes, en particulier au sein des PME et PMI.
Il a rappelé l’importance de rapprocher les écoles techniques des incubateurs et de faciliter l’accès aux financements pour les porteurs de projets.
Le Ministre a expliqué que des partenariats avec des centres de formation professionnelle sont en cours d’élaboration afin d’offrir aux jeunes entrepreneurs des formations pointues en gestion, marketing et innovation.
Il a également insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes d’accompagnement, notamment par le biais de mentorat par des chefs d’entreprise confirmés, pour garantir que les nouvelles entreprises puissent s’inscrire dans la durée.
État des lieux de la sous-traitance et relecture de la loi de 2017

Lorsque la question de la sous-traitance privée a été soulevée, le Ministre a reconnu que le secteur reste insuffisamment structuré et qu’il fait face à des défis en matière de qualité et de fiabilité.
Il a donc promis de lancer, en collaboration avec les opérateurs économiques, une évaluation complète des pratiques actuelles.
Sur ce fondement, il a précisé que la loi-cadre de 2017, qui encadre la sous-traitance industrielle, doit être revue pour refléter les réalités économiques actuelles et encourager la coopération entre grands donneurs d’ordres et sous-traitants locaux.
Cette relecture devra tenir compte du besoin de préserver la compétitivité des entreprises congolaises tout en garantissant le respect des normes de travail.
Modernisation de la métrologie et des normes

Face aux inquiétudes des députés concernant la fiabilité des mesures et des équipements industriels, Louis Watum a souligné que le Gouvernement a initié un programme de modernisation du Centre Congolais de Métrologie et d’Étalonnage.
Selon lui, cet organisme est en train de se doter de nouveaux matériels et d’appliquer des procédures conformes aux standards internationaux.
Le Ministre a également annoncé la refonte des normes de production, en collaboration avec l’Agence Congolaise de Normalisation (CODINORM), afin d’harmoniser les exigences techniques pour tous les secteurs industriels.
Pour lui, cette démarche est cruciale pour renforcer la confiance des consommateurs et faciliter l’exportation des produits congolais.
Protection de la propriété industrielle
Le volet de la protection de la propriété industrielle a suscité un vif intérêt au sein de la Commission.
Le Ministre a rappelé que l’Office Congolais de la Propriété Intellectuelle (OCPI) s’est vu attribuer des ressources supplémentaires pour accélérer les procédures d’enregistrement des brevets, des marques et des dessins industriels.
Il a tenu à rassurer les députés en précisant que des campagnes de sensibilisation sont prévues à l’intention des entrepreneurs, pour les inciter à protéger leurs innovations.
En outre, il a annoncé l’introduction prochaine d’un guichet unique au sein de l’OCPI, afin de simplifier davantage les démarches et de réduire les délais de traitement.
Relance des unités industrielles et renforcement des inspections
Enfin, Louis Watum a abordé la question de la relance des unités industrielles en difficulté. Il a évoqué la mise en place d’un dispositif de diagnostic rapide pour identifier les usines fermées ou à l’arrêt, afin d’élaborer des plans de redressement ciblés.
Dans le même temps, il a souligné l’importance du renforcement des services d’inspection, notamment ceux chargés de veiller au respect des normes de sécurité et d’environnement.
Le Ministre a justifié des recrutements et des formations supplémentaires pour les inspecteurs, de façon à améliorer le suivi des entreprises et prévenir les pollutions industrielles.
Il a conclu en affirmant que ces mesures sont essentielles pour assurer une croissance industrielle durable et protéger la santé des populations environnantes.
Un engagement pour une industrie durable
À l’issue de cette séance de travail, les députés nationaux ont formulé de nouvelles questions sur les aspects financiers et opérationnels des projets évoqués.
Le Ministre Louis Watum a obtenu un délai de 48 heures pour fournir des éléments de réponse supplémentaires, témoignant de sa volonté d’entretenir un dialogue constructif avec l’Assemblée.
Alors que la RDC cherche à faire de l’industrialisation un moteur de son développement, cette audition illustre la détermination des autorités et des parlementaires à construire une politique industrielle capable de répondre aux défis économiques et sociaux actuels.
Lydia Mangala


