La dernière journée de la 10ᵉ édition de l’Expo Béton RDC 2025, co-organisée avec Empire Group RDC, a placé la jeunesse congolaise au centre du débat sur la construction d’un Congo moderne.
Autour du sous-thème « 21ᵉ siècle et la transformation générationnelle », plusieurs personnalités issues du monde éducatif, institutionnel et citoyen ont partagé leurs réflexions sur le rôle des jeunes dans la transformation nationale.
Un espace de réflexion sur le devenir générationnel du Congo
Modérée par Huzer Kandindwe, cette session a réuni des voix influentes parmi lesquelles Kenny Kale Sali, conseiller au ministère de l’Éducation nationale, Malicka Mukubu, présidente du Collectif Vision Congo, Hugues Boole, président du Mouvement Citoyen Éclairé (MCE), Eddy Yav, coordonnateur du Panel d’Experts de la Résolution 2250-RDC, et Roberto Yokoto, secrétaire exécutif du Conseil National de la Jeunesse.
Tous ont livré un plaidoyer vibrant en faveur d’un changement de mentalité, d’une réforme profonde de l’éducation et d’une implication réelle des jeunes dans la prise de décision nationale.
Kenny Kale Sali recommandé la formation des transformateurs à la place des consommateurs
Dans une intervention axée sur l’adaptation du système éducatif aux exigences du XXIᵉ siècle, Kenny Kale Sali a insisté sur la nécessité de revoir la qualité de la formation et la pertinence des compétences transmises.
« Nous sommes devenus de simples consommateurs de technologie. Il faut désormais des jeunes capables d’être derrière les écrans, pas seulement devant eux », a-t-il déclaré avec conviction.

Pour lui, la transformation générationnelle passe par une éducation tournée vers la création, la programmation, et la maîtrise des outils numériques :
« Nous devons former des élèves capables de raisonner, d’innover et d’agir sur leur environnement », a-t-il insisté.
Malicka Mukubu définit le tourisme comme une industrie porteuse d’identité et d’emploi »

Très applaudie, Malicka Mukubu a élargi le débat en évoquant le potentiel du tourisme congolais comme moteur de développement économique et culturel.
Selon elle, il est urgent de reconstruire la carte postale du Congo à travers une vision industrielle du tourisme.
« Je ne parle pas du tourisme comme d’un simple voyage, mais comme d’une industrie capable de créer des emplois, de changer les mentalités et de valoriser notre culture, a-t-elle expliqué.
Elle a également rappelé la vision du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, qui souhaite faire du tourisme un levier de développement durable et d’inclusion pour la jeunesse.
Hugues Boole : « Un pays ne commence pas dans ses banques, mais dans la tête de son peuple »
Le président du Mouvement Citoyen Éclairé (MCE), Hugues Boole, a tenu un discours fort sur la mentalité congolaise et la nécessité de replacer la pensée productive au cœur du développement.
« La pauvreté commence dans la tête. Un pays ne devient riche que lorsque son peuple apprend à penser différemment », a-t-il martelé.

Appelant les jeunes à quitter l’ignorance et à devenir des offreurs de solutions plutôt que des demandeurs d’aide, il a conclu :
« Celui qui ne produit rien devient un problème pour sa société », a-t-il affirmé.
Eddy Yav : « Le changement dépend de nous »

Dans une approche pragmatique, Eddy Yav, conseiller à la présidence chargé de la jeunesse, a insisté sur la responsabilité collective dans la construction du Congo de demain.
« Le choix de ce que nous voulons devenir dépend de nous, les politiques ne font que nous accompagner », a-t-il affirmé.
Il a appelé à la mise en place d’un programme d’intervention d’urgence pour les jeunes, favorisant leur intégration sociale et économique, tout en insistant sur la création de coopératives et la participation aux instances décisionnelles.
« Les 100 milliards de dollars que nous attendons ne tomberont pas du ciel, il faut du travail pour les obtenir », a-t-il lancé dans une phrase percutante reprise par plusieurs participants.
Roberto Yokoto : « La jeunesse congolaise n’est pas un problème à gérer, mais une puissance à libérer »

Clôturant la série d’interventions, Roberto Yokoto, secrétaire exécutif du Conseil National de la Jeunesse (CNJ), a partagé les résultats d’une étude menée avec l’UNFPA démontre que 67 % des jeunes congolais sont au chômage ou en sous-emploi.
Face à ce constat, il a plaidé pour des politiques publiques concrètes en faveur de l’emploi et de la formation des jeunes.
« La jeunesse congolaise n’est pas un problème à gérer, mais une puissance à libérer », a-t-il conclu sous les applaudissements.
Une génération prête à relever le défi du siècle

Cette dernière journée de l’Expo Béton 2025 s’est transformée en un véritable forum d’idées sur le rôle des jeunes dans la construction d’un Congo prospère, durable et numérique.
Tous les intervenants ont convergé vers une même conviction que le Congo de demain se bâtira avec et par sa jeunesse.
« Quittons l’ignorance, produisons la connaissance, et faisons de notre génération le socle d’une transformation durable », a résumé un participant dans la salle, marquant l’esprit de cette journée placée sous le signe de l’avenir.
Lydia Mangala


