La soirée-débat consacrée à la lutte contre les violences sexuelles et l’impunité en République démocratique du Congo a été marquée par l’intervention engagée de la sénatrice française Marianne Margaté. Membre du Groupe interparlementaire d’amitié France–Afrique centrale et initiatrice de cette rencontre organisée au Sénat, l’élue a appelé à transformer l’émotion suscitée par les témoignages des survivantes en actions politiques concrètes.
S’adressant aux représentants des institutions françaises et congolaises, aux organisations de défense des droits humains ainsi qu’aux membres de la diaspora congolaise présents dans la salle Médicis du Palais du Luxembourg, la sénatrice a rappelé que cette initiative est née d’un échange avec l’association Afia Mama ASBL, dirigée par Anny T. Modi.
Faire entendre les voix des survivantes
Marianne Margaté a regretté l’absence des survivantes congolaises, qui devaient initialement témoigner à Paris mais n’ont pas obtenu les autorisations nécessaires pour effectuer le déplacement.
« Ce sont pourtant leurs voix qui résonneront dans cette salle, car elles doivent être entendues », a-t-elle déclaré.
Pour l’élue française, l’objectif de cette rencontre est de sortir ces femmes de l’invisibilité et de reconnaître leur rôle central dans la construction des réponses politiques, sociales et judiciaires face aux violences dont elles sont victimes.
Trente ans de violences et d’impunité
La sénatrice a rappelé que la République démocratique du Congo endure depuis plus de trois décennies des conflits armés aux conséquences dramatiques pour les populations civiles.
Selon elle, les violences sexuelles figurent parmi les crimes les plus graves commis dans l’Est du pays.
« Ces violences ne détruisent pas seulement les corps. Elles désorganisent durablement les sociétés, fragmentent les familles et brisent les communautés », a-t-elle souligné.
Marianne Margaté a insisté sur le fait que ces crimes ne peuvent être considérés comme de simples exactions isolées, mais s’inscrivent dans un système plus large mêlant conflits armés, exploitation des ressources naturelles et intérêts économiques internationaux.
La question de la responsabilité internationale
L’élue française a également mis en avant la nécessité de renforcer les mécanismes internationaux de justice afin de lutter contre l’impunité.
Elle a évoqué le Rapport Mapping des Nations unies publié en 2010, qui documente de nombreux crimes de guerre, crimes contre l’humanité et possibles actes de génocide commis en RDC entre 1993 et 2003.
Elle a réaffirmé son soutien aux revendications portées depuis plusieurs années par le Dr Denis Mukwege et de nombreuses organisations de défense des droits humains en faveur de mécanismes judiciaires capables de poursuivre les auteurs de ces crimes.
De la solidarité aux engagements concrets
Pour Marianne Margaté, la solidarité internationale ne peut se limiter à des déclarations de principe.
« La solidarité doit être traduite en politiques publiques, en moyens financiers et en engagements concrets », a-t-elle affirmé.
La sénatrice a également plaidé pour une réflexion sur les chaînes d’approvisionnement mondiales liées aux minerais stratégiques, estimant que les enjeux économiques ne peuvent être dissociés des réalités vécues dans les zones de conflit.
Selon elle, la lutte contre les violences sexuelles doit s’accompagner d’une transformation plus profonde des rapports économiques et des mécanismes de prédation qui alimentent les crises dans la région des Grands Lacs.
Transformer l’indignation en action
En conclusion, Marianne Margaté a appelé à faire de cette rencontre un point de départ pour une coopération durable entre la France et la RDC.
Elle a plaidé pour un suivi concret des engagements, une mobilisation permanente des institutions et de la société civile, ainsi qu’un soutien accru aux survivantes.
« Nous voulons transformer l’indignation en action », a-t-elle déclaré, résumant l’esprit de cette soirée consacrée à la mémoire, à la justice et à la dignité des victimes.

La sénatrice française a réaffirmé la volonté de maintenir la question des violences en RDC au centre du débat international et de soutenir les initiatives en faveur des survivantes.
Joséphine Mawete


