Face au constat de plus de 60 milliards de dollars américains mobilisés entre 2003 et 2022 en faveur de la République démocratique du Congo, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a placé la rationalisation de l’aide extérieure au cœur de la 91ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le 29 mai 2026.
Si ces financements ont soutenu plusieurs secteurs clés, le chef de l’État insiste désormais sur la nécessité d’un examen rigoureux de leur impact réel sur les conditions de vie des populations. L’objectif est clair : s’assurer que ces ressources contribuent effectivement aux priorités de transformation économique et sociale définies par le gouvernement, plutôt que de se disperser dans une multiplicité de centres de décision.
Le président a notamment pointé un déficit de coordination institutionnelle, estimant que les partenaires au développement doivent impérativement s’aligner sur la vision nationale. Pour corriger cette fragmentation, un projet de décret visant à instaurer un cadre national de coordination est en cours d’élaboration. Félix Tshisekedi a tenu à préciser que cette réforme ne vise pas à alourdir l’appareil administratif, mais à rendre plus efficaces les mécanismes existants.
Regrettant les lenteurs liées à certaines divergences entre acteurs, le chef de l’État a instruit la Première ministre de lever les obstacles persistants et de soumettre un rapport détaillé dans un délai de quinze jours. Pour lui, la souveraineté de la RDC repose en grande partie sur sa capacité à piloter son propre agenda économique.
Cette volonté de réforme intervient dans un contexte macroéconomique relativement stable. Avec un taux d’endettement estimé à environ 17 % en 2023, la RDC figure parmi les pays les moins endettés du continent. Ce levier financier, soutenu notamment par des partenaires comme la Banque mondiale, dont le portefeuille actif atteignait 7 milliards de dollars en 2022, doit désormais être mobilisé avec davantage de rigueur afin de garantir un développement durable et inclusif.
Joëlle Luniongo


