Sous le haut patronage du Chef de l’État, le ministère de la Justice a officiellement lancé les travaux de construction de quatre nouvelles maisons d’arrêt à Kinshasa. Ce projet, annoncé ce samedi 05 avril 2025, marque la première grande opération d’infrastructure pénitentiaire depuis plus de vingt ans.
Contexte et grâces présidentielles
Depuis plusieurs mois, le système pénitentiaire congolais fait l’objet de critiques récurrentes : surpopulation, insalubrité et manque d’accès aux soins ont poussé le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, à user de son droit de grâce pour plusieurs centaines de détenus. Ces libérations, motivées par la nécessité de soulager des maisons carcérales devenues inhumaines, ont constitué un signal fort : la dignité des prisonniers est indissociable de la légitimité de l’État.
Les grâces présidentielles accordées, notamment dans les provinces du Kasaï, du Nord‑Kivu et du Haut‑Katanga, visaient à pallier l’urgence humanitaire que représentaient des geôles conçues pour accueillir quelques dizaines de personnes et hébergeant aujourd’hui plusieurs centaines. Derrière ces mesures exceptionnelles se cachait une conviction : sans réforme structurelle, les bonnes intentions resteront lettre morte.
Caractéristiques des nouvelles maisons d’arrêt
Chacune des quatre structures devrait être dotée:
- D’installations sanitaires modernisées, avec blocs douches et latrines séparés pour hommes et femmes.
- D’espaces de vie aérés, réduisant le taux d’occupation à un maximum de deux détenus par cellule.
- D’ateliers professionnels (menuiserie, couture, agriculture urbaine) pour offrir des formations concrètes et préparer la réinsertion.
- D’un dispensaire médical permanent, géré en partenariat avec le ministère de la Santé, pour assurer un suivi régulier et la prise en charge des pathologies chroniques.
Ces maisons d’arrêt devrauent s’inscrire dans une vision plus large : faire de la détention un moment de responsabilité plutôt que de simple enfermement.
Enjeux et perspectives
Il serait important de faire appel à un renforcement simultané des mesures alternatives à la détention (travail d’intérêt général, assignation à résidence sous surveillance électronique) pour éviter de reproduire les erreurs du passé telles que des évasions.
Lydia Mangala


