Le Gouvernement a fait le point sur la situation sécuritaire et humanitaire dans la province du Sud-Kivu lors d’un briefing spécial coanimé par le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, et le gouverneur de province, Jean-Jacques Purusi.
Placée sous le thème « Focus sur la situation sécuritaire et humanitaire dans la province du Sud-Kivu », cette rencontre avec la presse a permis d’éclairer l’opinion sur les dynamiques sécuritaires, économiques et géopolitiques à l’œuvre dans cette partie de l’Est de la République démocratique du Congo.
Intervenant en détail sur la situation de sa province, le gouverneur Jean-Jacques Purusi a pointé les ressources minières comme un facteur central des tensions et de l’instabilité persistante. Selon lui, des recherches menées localement révèlent que le Sud-Kivu disposerait d’un potentiel minier exceptionnel, « jusqu’à 14 fois supérieur à celui du Grand Katanga réuni ».
« Environ 30 % des ressources ont déjà été exploitées, notamment la cassitérite, le coltan, l’or et la wolframite. Il reste encore près de 70 % de richesses non exploitées », a-t-il affirmé, évoquant également la présence avérée de minerais stratégiques tels que le lithium, le cobalt, le cuivre, le manganèse, ainsi que des ressources énergétiques comme le pétrole et le gaz méthane.
Face à ce potentiel, les autorités provinciales disent avoir pris des mesures drastiques, dont la suspension des activités minières en juillet 2024, suivie de la convocation d’entreprises opérant illégalement dans le secteur.
Sur le plan économique, le gouverneur a salué une amélioration significative des recettes provinciales, tout en dénonçant des circuits illicites d’exportation des minerais.
« Une mafia organisée veille à ce que les minerais transitent par le Rwanda, générant près de 7 millions de dollars », a-t-il déploré, soulignant également que les infrastructures locales, notamment les routes, restent largement délaissées.
Jean-Jacques Purusi a en outre affirmé que les zones sous occupation des rebelles de l’AFC-M23 produiraient entre 17 et 20 millions de dollars de recettes mensuelles, au profit du régime rwandais, selon ses déclarations.
Dans ce contexte, les autorités provinciales plaident pour une mise en œuvre effective des accords récemment signés à Washington, en vue de promouvoir des partenariats économiques équilibrés et de renforcer la stabilité dans la région.
Ce briefing intervient alors que la situation sécuritaire dans l’Est du pays demeure préoccupante, avec des implications directes sur les populations civiles et l’économie nationale.
Joséphine Mawete


