L’année 1994 restera gravée dans l’histoire comme l’une des périodes les plus sombres du continent africain. Du 6 avril au 17 juillet, le Rwanda fut plongé dans une tragédie sans précédent : le génocide contre les Tutsi. Suite à l’assassinat du président Juvénal Habyarimana, environ 800 000 personnes, majoritairement Tutsi, furent massacrées, selon les estimations de la commission d’enquête indépendante mandatée par l’ONU.
Face à l’horreur, la France, sous mandat des Nations Unies, lança l’opération Turquoise avec pour mission de stopper les massacres, mobilisant plus de 2500 militaires. Dans ce contexte, à la demande de la France, le président Mobutu ouvrit les frontières congolaises (Nord et Sud-Kivu) pour accueillir indistinctement réfugiés civils et militaires, y compris ceux impliqués dans le génocide. Ce fut le point de départ des malheurs du Congo, car parmi ces réfugiés se trouvaient des éléments des Forces Armées Rwandaises (FAR) et des miliciens Interahamwe, qui allaient constituer le terreau de l’instabilité à l’Est de la RDC.
La communauté internationale, consciente de sa responsabilité dans l’inaction face au génocide, adopta par la suite une posture de complaisance vis-à-vis du Rwanda, octroyant d’importantes aides au développement, cumulant plusieurs millions de dollars. Cette indulgence fit de Paul Kagame un acteur intouchable, usant de la rhétorique de la « sécurité des Tutsi contre les FDLR » pour justifier ses interventions et renforcer sa domination dans la région.
Sous prétexte de protéger le Rwanda contre les génocidaires, Kagame, avec le soutien de son allié Yoweri Museveni, initia une rébellion sous couvert d’une figure congolaise, Laurent-Désiré Kabila, prétendant libérer la RDC de la dictature de Mobutu. Affaibli par la Conférence nationale souveraine, Mobutu ne put résister à la marche des rebelles de l’Est vers Kinshasa. Après la prise de pouvoir par Kabila en 1997, les tensions éclatèrent rapidement entre ce dernier et ses anciens soutiens rwandais et ougandais, conduisant à une nouvelle guerre, surnommée la « guerre de l’Afrique », impliquant plusieurs pays du continent.
Après avoir goûté aux richesses congolaises, le Rwanda et l’Ouganda, suite à la rupture avec Laurent-Désiré Kabila, commencèrent à financer et armer plusieurs rébellions pour garder le contrôle des ressources naturelles de la RDC. Les conséquences furent désastreuses : massacres, déplacements massifs de populations, exploitation illicite des minerais. Le nombre de morts causé par cette guerre et ses répercussions est estimé à plus de six millions de personnes.
Malgré les dénonciations répétées de Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila et de nombreuses figures socio-politiques, dont le Dr Denis Mukwege, la communauté internationale resta passive. Pire encore, les Nations Unies se montrèrent réticentes à désigner explicitement le Rwanda comme responsable des massacres perpétrés dans l’Est de la RDC. Des rapports d’experts de l’ONU et d’ONG internationales documentaient pourtant les exactions rwandaises et le pillage des ressources congolaises.
L’arrivée au pouvoir du président Félix Tshisekedi marqua un tournant décisif sur le plan diplomatique. Grâce à son engagement et sa persévérance, la communauté internationale ne peut plus ignorer l’agression rwandaise en RDC. Son action a permis de briser l’omerta et d’exposer le double jeu de certains acteurs internationaux.
Sous sa présidence, plusieurs avancées majeures ont été obtenues :
La reconnaissance officielle du Rwanda comme agresseur par plusieurs États et organisations internationales.
La condamnation explicite du Rwanda par de nombreuses nations pour son soutien aux groupes armés opérant en RDC.
L’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution dénonçant l’ingérence rwandaise et appelant au retrait immédiat des troupes et des soutiens rwandais aux groupes rebelles.
La condamnation de James Kabarebe, ex-chef d’état-major rwandais, pour son rôle dans les exactions commises en RDC.
La prise de position ferme de plusieurs États africains et occidentaux contre l’agression rwandaise, avec des appels à des sanctions et à une limitation de l’aide internationale au régime de Kagame.
Une diplomatie offensive qui a permis d’amener la question congolaise au centre des discussions lors des sommets internationaux.
Aujourd’hui, l’implication du Rwanda dans l’instabilité de l’Est congolais est mise en lumière et dénoncée de manière claire et sans ambiguïté par la majorité des pays à travers le monde, à l’exception de l’Union Africaine, qui demeure silencieuse face à cette tragédie. Toutefois, grâce à la pression diplomatique exercée par la RDC sous l’impulsion de Félix Tshisekedi, l’Union Européenne et les États-Unis ont renforcé leur vigilance et envisagent des mesures de restriction envers Kigali.
Il convient de saluer également les efforts sur le terrain des acteurs diplomatiques congolais, notamment la ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba et son prédécesseur Christophe Lutundula, qui ont porté haut la voix de la RDC sur la scène internationale. Grâce à leur travail, la vérité sur l’agression rwandaise est désormais largement reconnue.
« Monsieur le représentant du Rwanda, vous avez déjà perdu le combat de la vérité », déclarait avec fermeté la ministre d’État Thérèse Kayikwamba devant le Conseil de sécurité de l’ONU.
La RDC restera UNE et INDIVISIBLE !


