Dans sa tribune de ce dimanche 31 août 2025, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, attire l’attention de l’opinion publique sur les enjeux cruciaux liés à la souveraineté et à la sécurité nationale de la République Démocratique du Congo (RDC).
Selon lui, l’histoire du pays démontre que depuis la colonisation jusqu’à nos jours, des acteurs internes et externes ont exploité le territoire congolais, laissant le pays dans une situation où la construction d’un système de défense efficace devient une priorité absolue.
L’histoire tragique d’un Congo exploité
Julien Paluku rappelle que ça ne date pas d’aujourd’hui et remonte à 1885, lorsque la Conférence de Berlin a accordé à Léopold II de Belgique le contrôle du Congo en tant que propriété privée.
Il souligne que le Congo a alors été considéré comme un « bien sans maître », soumis à l’exploitation brutale du caoutchouc et du travail forcé.
Julien Paluku poursuit en évoquant la période de l’annexion belge (1908-1960), marquée par un changement d’approche mais la poursuite du pillage systématique.
« De 1885 à 1960, soit 75 ans, le Congo a été exploité et pillé de fond en comble », révèle-t-il, ajoutant que cette exploitation dépasse la durée de l’indépendance actuelle, qui est de 65 ans seulement.
Indépendance et trahisons : Lumumba et Mobutu
Le ministre Julien Paluku évoque ensuite les débuts de la souveraineté congolaise avec l’accession à l’indépendance le 30 juin 1960, lorsque Kasavubu devient Président et Patrice Lumumba Premier ministre.
Il note que Lumumba fut assassiné rapidement, car son nationalisme et son désir de véritable indépendance contrariaient les intérêts occidentaux. Julien Paluku cite l’enquête parlementaire belge de 2001 confirmant l’implication des autorités belges dans sa mort.
Mobutu, selon Julien Paluku, prendra le pouvoir en 1965 et servira les intérêts des puissances étrangères tout en consolidant sa propre fortune.
« Le Zaïre, rebaptisé en 1971, a été pillé comme un bien sans maître », rappelle-t-il.
La RDC contemporaine : entre rébellions et manipulations
Le ministre analyse les événements des années 1990 et 2000, marqués par l’intervention du Rwanda, l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila en 2001, et la longue présidence de Joseph Kabila.
« Curieusement, malgré toutes les manipulations externes, la RDC a parfois surpris les maîtres qui voulaient installer leurs pions », souligne-t-il.
L’arrivée de Félix-Antoine Tshisekedi en 2019 est, selon Julien Paluku, un moment où la prudence et l’apprentissage stratégique ont prévalu avant de réformer le système Kabila. Il dénonce aussi la rébellion de Joseph Kabila en 2025, qui remet en question la conduite des affaires d’État pendant 18 ans.
Construire le système de défense : la priorité absolue
Julien Paluku conclut sa tribune par un appel fort :
« Il n’y a pas quatre chemins : il faut construire le système de défense de la RDC. C’est la priorité des priorités ».
Selon lui, cette démarche est essentielle non seulement pour protéger le président Tshisekedi, mais aussi pour assurer la souveraineté et l’intégrité du territoire national.
Le ministre insiste sur la nécessité pour la RDC de tirer des leçons de son histoire et de se préparer à défendre ses ressources et ses institutions contre toute ingérence extérieure.
« Un scientifique se nourrit des critiques pour avancer », rappelle-t-il, soulignant l’importance de l’analyse historique pour guider les décisions stratégiques actuelles.
La tribune de Julien Paluku se veut un signal d’alerte pour que tous les Congolais comprennent l’histoire tragique du pays, reconnaissent les manipulations passées et actuelles, et agissent pour bâtir un système politique et sécuritaire solide.
Le ministre appelle ainsi à une mobilisation nationale autour de la souveraineté, de la sécurité et de la stabilité de la RDC.
Lydia Mangala


