Kinshasa, 26 mai 2026 – Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, le Gouvernement central resserre l’étau autour de la riposte sanitaire. La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a décidé d’impliquer directement l’ensemble des secteurs concernés afin de garantir une réponse coordonnée et efficace contre cette 17ᵉ épidémie provoquée par la souche Bundibugyo, une variante rare du virus.
Dans cette dynamique, le Directeur de cabinet adjoint de la Première ministre chargé des questions socioculturelles, Eddie Tambwe, a présidé une réunion stratégique réunissant experts des ministères sectoriels, autorités sanitaires et services étatiques. Cette rencontre préparatoire vise à harmoniser les actions avant la grande réunion de coordination que dirigera personnellement la Cheffe du Gouvernement.
Interrompre la transmission du virus, priorité absolue
Au cours des échanges, le Directeur général de l’Institut National de la Santé Publique, Dieudonné Mwamba, a insisté sur l’urgence de casser la chaîne de transmission du virus. Il a plaidé pour une gouvernance unifiée de la riposte à travers un plan opérationnel unique et un financement global clairement structuré.
Pour soutenir les premières opérations, le Gouvernement a déjà débloqué une enveloppe initiale de 20 millions de dollars américains. Parallèlement, le ministère du Budget étudie les mécanismes juridiques nécessaires afin de mobiliser des ressources additionnelles, en complément des engagements annoncés par les partenaires techniques et financiers.
Le ministre provincial de la Santé a également évoqué la possibilité d’un arbitrage budgétaire entre différents ministères afin d’alimenter un fonds spécial d’urgence dédié à la riposte.
Communication de proximité et mesures préventives renforcées
Les participants ont unanimement souligné la nécessité d’intensifier la sensibilisation communautaire, notamment dans les zones affectées où le déni de la maladie et la désinformation compliquent le travail des équipes médicales.
La riposte prévoit désormais l’implication des écoles et des confessions religieuses, avec des mesures visant à limiter les grands rassemblements. Les autorités recommandent également l’installation de dispositifs de lavage des mains dans les espaces publics ainsi que la distribution de gels hydroalcooliques.
Face aux conséquences économiques de l’épidémie sur les ménages, le ministère des Actions humanitaires plaide pour une assistance d’urgence aux populations touchées.
Sécurisation des équipes sanitaires et contrôle accru aux frontières
Sur le plan sécuritaire, les experts du ministère de l’Intérieur ont demandé des moyens adaptés pour assurer l’application effective des mesures restrictives.
La Police Nationale Congolaise prévoit ainsi le déploiement de deux escadrons, soit environ 300 policiers, afin de sécuriser les intrants médicaux ainsi que les équipes de riposte en Ituri. Les autorités recommandent que ces agents, recrutés localement, soient cantonnés et pris en charge par la coordination sanitaire afin de limiter les risques de propagation.
Les discussions ont également porté sur la mise en place de brigades spécialisées dans les enterrements dignes et sécurisés, notamment dans la région de Beni, ainsi que sur l’approvisionnement en sacs mortuaires.
Aux postes frontaliers, la Direction Générale des Migrations entend renforcer les dispositifs de contrôle sanitaire à travers l’utilisation de thermoflashs, de fiches de suivi des voyageurs et de solutions hydroalcooliques.
Le collège Santé de la Présidence a, de son côté, proposé la création d’une cellule permanente de monitoring des épidémies.
Une mobilisation urgente pour contenir l’épidémie
Le Gouvernement Suminwa mène désormais une véritable course contre la montre pour contenir la propagation du virus, dont la période d’incubation varie entre deux et vingt-et-un jours.
L’objectif est de réduire rapidement le taux de mortalité dans les zones de santé de Mongbwalu, Bunia et Rwampara, tout en empêchant l’extension de l’épidémie vers les provinces voisines et les pays frontaliers.
Selon les autorités sanitaires, la souche Bundibugyo touche actuellement les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, considérée comme l’épicentre du foyer épidémique.
L’Organisation mondiale de la santé a officiellement classé cette flambée, qui affecte également l’Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale depuis le 17 mai dernier.
Les autorités rappellent enfin qu’un numéro vert, le 151, est désormais opérationnel pour signaler tout symptôme ou cas suspect.
Joséphine Mawete


