La réouverture, le jeudi 10 juillet 2025, du poste frontière de Bunagana par l’Ouganda sans aucune concertation avec Kinshasa a provoqué une vive réaction de la RDC.
Sous contrôle du M23-AFC depuis le 13 juin 2022, ce point de passage stratégique soulève des enjeux de souveraineté et de financement des rebelles.
Le gouvernement de la RDC a qualifié cette décision de mesure unilatérale et de fragilisation des efforts de paix régionaux.
Ce poste frontalier terrestre de Bunagana, relie le district ougandais de Kisoro au territoire congolais de Rutshuru dans le Nord-Kivu.
Dépêche diplomatique de Kinshasa
Lors de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement a déclaré :
« Cette démarche, prise en dehors de tout cadre multilatéral, est de nature à fragiliser les efforts régionaux de paix et à compromettre les engagements pris dans les différents mécanismes de coopération et de sécurité ».
En conséquence, la ministre Thérèse Kayikwamba Wagner a été chargée de convoquer sans délai l’ambassadeur ougandais pour obtenir des explications officielles.
Les enjeux financiers du poste de Bunagana
Un rapport du Groupe d’experts de l’ONU publié en décembre 2022 avait déjà pointé les taxes illégales perçues par le M23 à Bunagana et Kitagoma, estimant qu’elles rapportaient près de 27 000 USD par mois au seul poste de Bunagana via les droits de passage des piétons et les prélèvements sur le bétail et les terres agricoles.
Pour Kinshasa, la reprise du trafic par les rebelles constituerait une source de financement importante au détriment de la souveraineté de l’État.
Appel au respect des accords régionaux
Condamnant cette réouverture, le gouvernement congolais a insisté sur la nécessité pour l’Ouganda et tous ses voisins de respecter les engagements pris dans les processus de Nairobi et de Luanda, censés encadrer la sortie pacifique de la crise dans l’Est du pays.
Kinshasa appelle également à la vigilance et à la responsabilité collective des États de la région pour éviter une nouvelle escalade du conflit.
En rouvrant Bunagana sans concertation, l’Ouganda compromet les mécanismes de sécurité régionale et remet en cause la souveraineté de la RDC sur ses frontières est.
Kinshasa attend désormais des réponses claires avant de décider des suites diplomatiques à donner.
Lydia Mangala


