Kinshasa, 13 avril 2026 – Baptisée « Mbote », l’opération de levée de fonds de Eurobond a permis à la République démocratique du Congo de mobiliser 1,25 milliard de dollars américains, consacrant son entrée officielle dans le cercle restreint des États africains capables de lever des fonds directement sur les marchés financiers internationaux.
Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi à Kinshasa, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a présenté cette émission non comme une simple levée de fonds, mais comme une consécration de la crédibilité retrouvée de la RDC auprès des investisseurs internationaux.

« Nous ne célébrons pas les 1,25 milliard USD levés à travers l’Eurobond. Nous célébrons la crédibilité retrouvée de la République démocratique du Congo sur les marchés financiers internationaux », a déclaré le ministre.
Une reconnaissance internationale de la trajectoire économique congolaise

Pour le gouvernement, cette opération constitue avant tout une validation des réformes économiques engagées depuis 2019 sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi.
Le succès de l’émission traduit la confiance des investisseurs dans l’amélioration du profil de risque du pays, alors que l’accès aux marchés internationaux demeure hautement sélectif pour les économies africaines.
Cette dynamique est confortée par la récente décision de S&P Global Ratings, qui a relevé en janvier 2026 la perspective de la note souveraine de la RDC de « stable » à « positive », renforçant davantage l’attractivité du pays sur la scène financière mondiale.
Une émission structurée sur deux maturités
Selon le ministre des Finances, l’Eurobond « Mbote » a été structuré en deux tranches :
• 600 millions USD sur 5 ans, avec échéance en avril 2032 et un taux d’intérêt de 8,75 % ;
• 650 millions USD sur 10 ans, avec échéance en avril 2037 et un taux de 9,50 %.
Le remboursement de chaque tranche sera échelonné sur trois échéances successives afin d’optimiser la gestion du service de la dette publique.
Des fondamentaux macroéconomiques en nette amélioration
Le gouvernement justifie cette percée par la solidité croissante des indicateurs macroéconomiques nationaux :
• Une croissance moyenne du PIB réel de près de 7 % sur les quatre dernières années ;
• Une progression de 5,8 % en 2025 ;
• Une inflation contenue à 2,3 % ;
• Un déficit budgétaire limité à 2,4 % du PIB ;
• Un ratio d’endettement maintenu à 18,1 % du PIB.
Ces performances positionnent aujourd’hui la RDC parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique subsaharienne, portée notamment par son rôle stratégique dans l’approvisionnement mondial en minerais critiques.
Des investissements orientés vers les infrastructures structurantes

Les fonds mobilisés serviront à financer plusieurs projets prioritaires inscrits dans le Plan national stratégique de développement (PNSD) 2024-2028, parmi lesquels :
• La modernisation de l’aéroport international de N’djili ;
• Le développement de la centrale hydroélectrique de Katende ;
• La réhabilitation de la Route nationale n°4 ;
• Le renforcement des infrastructures interprovinciales pour améliorer l’intégration économique nationale.
« Le peuple verra concrètement ce que l’Eurobond apportera », a assuré Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, promettant une gestion rigoureuse et transparente des ressources mobilisées.
Un nouveau cap pour l’intégration financière de la RDC
Au-delà de l’opération financière, cette première émission obligataire internationale marque une transformation structurelle du mode de financement de l’État congolais, désormais en mesure de diversifier ses sources de financement au-delà des bailleurs traditionnels et des institutions multilatérales.
En choisissant le nom « Mbote », signifiant « bienvenue » en lingala, les autorités entendent envoyer un message fort aux marchés : la RDC se présente comme une destination crédible et ouverte aux capitaux internationaux.
Cette réussite ouvre ainsi une nouvelle phase dans l’intégration financière du pays, avec pour défi majeur de transformer cette confiance retrouvée en croissance durable et inclusive.
Joséphine Mawete


