Dans un contexte de crise humanitaire dramatique dans l’Est de la République démocratique du Congo et la région des Grands Lacs, la commissaire européenne chargée de l’aide humanitaire, Hadja Lahbib, a été reçue, mardi 17 février 2026 à Kinshasa, par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo pour discuter de la situation humanitaire dans l’Est du pays. À l’issue de cette audience, l’UE a annoncé une enveloppe de 81,2 millions d’euros destinée à soutenir les populations affectées par le conflit et les déplacements massifs liés aux activités des groupes armés, notamment l’AFC/M23 et les forces rwandaises.
La rencontre a mis en lumière l’urgence d’une assistance coordonnée et efficace. Dans l’Est de la RDC, des millions de personnes vivent dans des conditions extrêmement précaires, avec un accès limité à la nourriture, à l’eau potable, aux soins de santé et aux abris. Les femmes et les enfants sont particulièrement exposés aux violences, à l’exploitation et aux abus. L’UE a ainsi prévu de déployer 68 millions d’euros directement en RDC pour répondre aux besoins les plus urgents, notamment par des actions d’aide alimentaire, de soins nutritionnels et de santé, la réhabilitation des infrastructures d’eau et d’assainissement, la mise en place d’abris de base pour les familles déplacées, ainsi que le renforcement des services de protection des civils, incluant les survivants de violences sexuelles et les enfants vulnérables.
La commissaire Hadja Lahbib a également annoncé la création d’un pont humanitaire, un mécanisme logistique destiné à accélérer l’acheminement de l’aide vers les zones les plus enclavées et difficiles d’accès. Cette initiative vise à réduire les délais de livraison et à assurer que l’aide parvienne rapidement à ceux qui en ont le plus besoin.
Outre la RDC, 13,2 millions d’euros seront consacrés à la gestion régionale des réfugiés et à la préparation aux catastrophes dans les pays voisins, notamment le Burundi, le Rwanda et la Tanzanie. Cette enveloppe permettra d’accompagner les réfugiés congolais fuyant les violences et de soutenir les communautés d’accueil déjà fragilisées par des crises persistantes. Le Burundi, en particulier, fait face à un afflux important de réfugiés depuis la fin de l’année 2025, accentuant la pression sur les infrastructures sanitaires, alimentaires et d’hébergement.
Cette intervention intervient alors que plus de 21 millions de personnes en RDC ont besoin d’une assistance humanitaire, faisant de la crise congolaise l’une des plus graves au monde. L’insécurité alimentaire touche près de 28 millions de personnes, tandis que les violations des droits humains, les violences sexuelles liées au conflit et les déplacements massifs continuent de fragiliser durablement les communautés locales.
Les journaux de Kinshasa ont salué cette annonce comme un signal fort de l’Union européenne face à l’aggravation rapide de la situation humanitaire dans l’Est du pays. Infos 27 souligne que ce financement constitue une bouée de sauvetage pour des millions de personnes déplacées et réfugiées, tandis que Chronik’Eco rappelle que ces efforts ne sauraient se substituer à des solutions politiques durables pour restaurer la sécurité, renforcer la gouvernance et favoriser un développement inclusif dans les provinces affectées.
Cette visite a montré l’importance d’une coopération internationale proactive, où l’assistance humanitaire s’articule avec les efforts diplomatiques et sécuritaires pour répondre à une crise qui perdure depuis plusieurs décennies. L’Union européenne confirme ainsi sa position comme l’un des principaux partenaires humanitaires de la RDC et de la région des Grands Lacs, apportant une aide vitale et salvatrice à des populations prises au piège de la violence et de la précarité.
En résumé, ces 81,2 millions d’euros représentent un engagement tangible pour sauver des vies, protéger les plus vulnérables et soutenir la résilience des communautés face à l’une des crises humanitaires les plus sévères de notre époque.
Lydia Mangala


