La journée de clôture du segment politique de haut niveau consacré au financement durable de l’éducation a été marquée par l’intervention de la ministre d’État à l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, qui a posé les bases des réformes à venir. Très attendue, sa prise de parole a permis de dévoiler les grandes orientations de la future Stratégie sectorielle intérimaire de l’éducation et de la formation (SSIEF 2026–2030), appelée à succéder à la SSEF 2016–2025.
Devant un parterre composé de partenaires techniques et financiers, de membres du gouvernement, ainsi que d’acteurs du secteur privé et de la société civile, la ministre a dressé le constat selon lequel le système éducatif congolais doit désormais franchir un cap décisif, celui de la qualité des apprentissages.

« Le temps est venu de passer d’un système centré sur l’accès à un système centré sur les apprentissages. L’enjeu n’est plus seulement d’aller à l’école, mais d’y apprendre réellement », a-t-elle affirmé.
L’enseignant au cœur de la transformation

Au centre de cette réforme, la question du capital humain enseignant s’impose comme une priorité. Pour la ministre, aucune transformation durable ne peut se faire sans un investissement accru dans la formation, la motivation et la valorisation des enseignants.
« Aucun système éducatif ne peut dépasser la qualité de ses enseignants. Investir en eux, c’est investir dans l’avenir du pays », a-t-elle insisté.

Elle a notamment évoqué le renforcement de la formation initiale et continue, l’amélioration des conditions de travail et une gestion plus efficace des carrières.
Réconcilier formation et marché du travail

Autre axe structurant, l’adéquation entre le système éducatif et les besoins de l’économie nationale. Une orientation qui vise à réduire le décalage entre formation et employabilité.
« L’éducation ne peut plus être déconnectée du monde du travail. Nous devons former des jeunes capables de répondre aux besoins réels de notre économie », a-t-elle expliqué.
Dans cette perspective, le rôle du secteur privé a été mis en avant comme levier essentiel pour définir les compétences attendues et faciliter l’insertion professionnelle des jeunes.
Un financement à rendre plus efficace
Sur la question du financement, au cœur des assises, la ministre a appelé à un changement de méthode.
« Il ne s’agit pas seulement de mobiliser plus de ressources, mais de mieux les utiliser. Chaque investissement doit produire un impact réel et mesurable », a-t-elle déclaré.
Elle a pointé la fragmentation des interventions et plaidé pour un meilleur alignement entre les financements publics et les appuis extérieurs.
Une gouvernance à refonder
La réforme passe également par une gouvernance renforcée du système éducatif. Clarification des responsabilités, coordination accrue et culture de redevabilité ont été présentées comme des conditions indispensables.
« Nous devons améliorer notre capacité de pilotage, en nous appuyant sur des données fiables pour orienter les décisions », a-t-elle souligné.
Une ambition : transformer l’école pour transformer la société
Le discours de Raïssa Malu a porté la vision de faire de l’éducation le moteur du développement national.
« L’école doit permettre à chaque apprenant de comprendre le monde, de se comprendre lui-même et de devenir un acteur du changement », a-t-elle déclaré.

« La transformation de notre système éducatif est une responsabilité partagée. Ensemble, nous devons bâtir une école plus juste, plus performante et tournée vers l’avenir », a-t-elle conclu, appelant à une mobilisation nationale.
Par cette intervention, Raïssa Malu a fixé une réforme ambitieuse, axée sur les résultats et profondément ancrée dans le développement du capital humain.
Ben Mandjolo


