À la veille du lancement de la campagne mondiale des 16 Jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG), la République démocratique du Congo a donné le ton.
Le lundi 24 novembre 2025, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae, a réuni la presse autour d’un café d’information organisé en collaboration avec l’UNFPA.
Elle y a dévoilé la feuille de route des activités prévues du 25 novembre au 10 décembre, avec un accent particulier sur la lutte contre la violence numérique faite aux femmes et aux filles, thème retenu pour cette édition 2025.
Une édition axée sur la sécurité numérique et la dignité en ligne

Au cours de son intervention, la ministre Micheline Ombae a annoncé que la campagne nationale s’articulerait autour du renforcement de la protection des femmes dans l’espace digital, en cohérence avec la campagne « Tosa Nga » qui appelle au respect de la dignité humaine en ligne.
Elle a rappelé l’urgence de combattre les formes modernes de violences, notamment la cyberintimidation, les discours de haine, l’usurpation d’identité, les hypertrucages ou encore la diffusion non consentie d’images intimes.
« Pendant cette campagne, il sera question de vulgariser les lois du pays en matière de violences basées sur le genre. Nous appelons la population à être alliée à la dignité. Et aux jeunes, d’utiliser leurs téléphones pour unir et non pour briser », a-t-elle déclaré, soulignant la responsabilité collective dans la lutte contre ces nouvelles dérives.
La ministre a insisté sur le paradoxe d’un monde numérique qui, au lieu d’être un espace de liberté, se transforme trop souvent en outil de destruction psychologique.
Selon elle :
« l’ère numérique, souvent associée au progrès, devient de plus en plus une arme d’harcèlement indigne ».
L’UNFPA appelle à un respect accru de l’image des femmes
Intervenant à son tour, la représentante de l’UNFPA en RDC, Mireille Ikoli, a mis en lumière l’importance de la protection de l’image des femmes dans les environnements virtuels. Pour elle, les corps des femmes et des jeunes filles doivent être protégés au même titre que les œuvres intellectuelles.
« Les images de nos corps doivent bénéficier du même respect et de la même protection que les droits d’auteur accordés aux œuvres musicales ou cinématographiques. Nous lançons cette campagne numérique pour rappeler que dignité et respect doivent aussi exister dans le monde digital », a-t-elle affirmé.
Elle a précisé que la campagne « Tosa Nga » encouragerait les citoyens à développer une culture de bienveillance en ligne et à se positionner clairement contre toute forme de violence numérique.
Un message de la ministre aux Congolais : « Je marche avec vous »
Quelques heures après le café de presse, la ministre Micheline Ombae a publié un message sur son compte X, rappelant la dimension humaine et émotionnelle de ce combat.
Elle s’est exprimée à la fois en tant que femme et responsable de la Nation, soulignant l’impact profond des violences basées sur le genre.
« Hier, je pris la parole non seulement comme Ministre, mais comme femme, comme mère, comme sœur, profondément touchée par les blessures que portent tant de nos filles et de nos femmes. Les violences basées sur le genre ne sont pas des statistiques : elles sont des vies brisées, des rêves interrompus, des familles meurtries », a-t-elle écrit.

« Je veux vous dire que je vous entends. Je vous vois. Je marche avec vous. Votre douleur est celle de la Nation entière, et votre courage est la lumière qui nous guide », a-t-elle assuré les victimes de son engagement total.
La ministre a insisté sur la nécessité de protéger les femmes dans les espaces virtuels, affirmant que « la sécurité numérique sera défendue comme un droit fondamental, car l’égalité entre les femmes et les hommes ne peut exister sans respect dans tous les espaces, physiques comme virtuels ».
Son message était aussi un:
« Je crois en la jeunesse congolaise, capable de transformer ses téléphones en outils d’unité et de lumière. Je crois en nos hommes, qui peuvent être les gardiens de la dignité et les alliés de nos filles. Je crois en nos leaders et en nos médias, qui ont le pouvoir d’élever les consciences et de protéger les plus vulnérables », a-t-elle fait un appel à l’unité, mettant en avant la responsabilité de chacun.
Vers une mobilisation nationale contre les violences numériques
La campagne 2025 ambitionne de provoquer une prise de conscience large, d’outiller les citoyens à un usage responsable du numérique, et d’inciter les institutions à renforcer les cadres légaux de protection.
Pendant deux semaines, la RDC sera rythmée d’actions coordonnées dans les écoles, les universités, les médias, les plateformes numériques, ainsi que dans les instances publiques et communautaires.
« Ensemble, nous pouvons bâtir une République où chaque femme marche debout, respectée et honorée, et où chaque fille grandit dans la dignité et l’espérance », a conclu la ministre, appelant le pays entier à unir ses voix pour que « le silence cède enfin la place à la justice ».
Lydia Mangala


