La musicienne congolaise Rebo Tchulo, de son vrai nom Déborah Mulanga, a comparu le jeudi 4 juin devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema, siégeant exceptionnellement en chambre foraine dans la commune de Ngaliema. Cette audience a marqué l’ouverture de l’instruction d’un dossier très médiatisé dans lequel la chanteuse est poursuivie aux côtés de plusieurs militaires.
L’enquête concerne treize militaires, dont quatre sont toujours en fuite. Ils sont poursuivis pour des faits présumés de torture, d’extorsion, de concussion et de violation des consignes militaires à l’encontre de Platini Sadisa, chauffeur de la chanteuse et plaignant dans cette affaire.
Pour sa part, Rebo Tchulo est soupçonnée d’avoir incité des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à commettre des actes illégaux et contraires à la discipline militaire, selon les accusations portées devant la juridiction.
À l’origine de cette procédure judiciaire, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux montre Platini Sadisa subissant des violences présumées à l’intérieur de la résidence de l’artiste. Ces images ont suscité une vive émotion au sein de l’opinion publique et contribué à l’ouverture des poursuites.
L’audience n’a toutefois pas permis d’examiner l’ensemble du dossier. Le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 11 juin 2026 à 11 heures.
Au cours de cette première comparution, la juridiction a rappelé à Rebo Tchulo la nature des faits qui lui sont reprochés ainsi que les peines prévues par la loi en cas de condamnation. Si les charges étaient établies, elles pourraient entraîner une peine pouvant aller jusqu’à vingt ans de servitude pénale.
La prochaine audience devrait permettre la poursuite de l’instruction, l’examen des éléments de preuve ainsi que l’audition des différentes parties impliquées dans cette affaire.
Joëlle Luniongo


