Le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, séjourne depuis le jeudi 6 novembre à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, dans le cadre d’une mission officielle d’inspection, d’évaluation et de concertation.
Cette descente de terrain s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui prône une justice de proximité, humaine, crédible et respectueuse des droits fondamentaux.
Une mission d’inspection au cœur du fonctionnement judiciaire
Accueilli à son arrivée à l’aéroport international de Bangoka par les autorités provinciales et judiciaires, dont le Gouverneur Ghislain Mogenya, le Ministre d’État a tenu un premier entretien de courtoisie axé sur les grands défis du secteur judiciaire dans la province pour la relance du fonctionnement régulier des juridictions, le renforcement des capacités du personnel judiciaire, et l’amélioration des conditions de détention.
Durant son séjour, Guillaume Ngefa a mené une série de visites d’inspection au sein des juridictions civiles et militaires, des parquets, des amigos, ainsi que dans les prisons centrales d’Osio et de Kisangani afin d’évaluer les réalités du terrain et formuler des recommandations concrètes pour améliorer la gouvernance judiciaire.
Mémoire et justice : rencontre avec les victimes de la guerre des six jours

L’un des temps forts de cette mission fut la rencontre avec les victimes de la guerre de six jours (juin 2000), tragédie ayant coûté la vie à plus de 1 000 personnes.
Guillaume Ngefa a réaffirmé la volonté du gouvernement de remettre de l’ordre dans le processus d’indemnisation via le FRIVAO (Fonds de Réparation et d’Indemnisation des Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda).
« Ce processus doit être transparent, crédible et rigoureusement géré. Il ne s’agit pas seulement de justice financière, mais de reconnaissance, de dignité et de mémoire », a déclaré le Ministre d’État.

Devant les stèles du mémorial de Kisangani, il a rendu hommage aux victimes, tout en soulignant la nécessité d’achever le mausolée commémoratif, symbole de vérité et de réparation.
« Le gouvernement s’engage à faire vivre cette mémoire. La justice commence par le respect des morts et la dignité des vivants », a-t-il insisté.
Dans les juridictions, une justice qui résiste malgré le manque de moyens
En visitant la Cour d’appel de la Tshopo, le Ministre d’État a salué le dévouement des magistrats contraints d’assurer le service public sans frais de fonctionnement. Certains ont dû acheter leur propre mobilier pour travailler.
« Cette réalité est inacceptable. Le fonctionnement de la justice ne peut reposer sur des sacrifices individuels. Le gouvernement va doter nos juridictions des moyens nécessaires à l’exercice digne et efficace de leur mission », a-t-il affirmé.

Sa visite au tribunal pour enfants de Kisangani a mis en lumière la autre problématique de la gestion manuelle des dossiers faute de formation et d’équipement informatique.
Guillaume Ngefa a annoncé la modernisation et la numérisation progressive des juridictions, afin de garantir la sécurité et la confidentialité des données judiciaires.
Des prisons vétustes, un appel à la réforme pénitentiaire
Le Ministre d’État a également inspecté le camp de détention d’Osio, construit en 1956 pour 1 500 détenus, mais aujourd’hui dans un état de délabrement avancé. Ce site, qui ne compte plus que 69 prisonniers, manque d’eau courante et de personnel rémunéré.
« L’État doit garantir des conditions de détention conformes aux droits fondamentaux. La réforme pénitentiaire doit être humaine, digne et structurelle », a souligné Guillaume Ngefa.

À la prison centrale de Kisangani, fondée en 1925 et abritant plus de 1 100 détenus pour une capacité de 500, il a constaté une promiscuité extrême, l’absence d’eau potable et de soins médicaux.
« Les médecins sont là, mais sans médicaments, comment peuvent-ils soigner ? », a témoigné le chef des détenus.
Le Ministre d’État a promis de faire de la dignité carcérale une priorité nationale, rappelant que réformer, c’est restaurer l’humanité.
Proximité et compassion : une mission sous le signe du service
Avant de débuter ses activités, Guillaume Ngefa s’est recueilli à la cathédrale Notre-Dame du Très Saint Rosaire, plaçant sa mission sous le signe du service, de la justice et de la proximité avec les concitoyens.

Il s’est également arrêté à Lubunga, où il a rencontré les déplacés du conflit Mbole-Lengola, encore dans l’attente d’un retour digne dans leurs villages.
« Leur cri de libérés résonne comme un appel à l’État : le retour sécurisé de ces familles est une priorité », a-t-il souligné.
Une justice au service de la dignité et de la mémoire collective

Cette mission dans la Tshopo illustre la volonté du gouvernement congolais de rétablir la confiance entre les institutions et la population, de renforcer l’État de droit, et de promouvoir une justice réparatrice et accessible à tous.
En mêlant inspection, écoute et recueillement, Guillaume Ngefa incarne une approche nouvelle de la gouvernance judiciaire : humaine, éthique et proche du peuple.
« La justice n’est pas une institution lointaine ; elle est la voix de la dignité, de la vérité et de la réconciliation nationale », a conclu le Ministre d’État.
Lydia Mangala


