En visite officielle à Genève le mardi 17 juin 2025, Chantal Chambu Mwavita, ministre des Droits humains de la RDC, a rencontré Filippo Grandi, Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, aux côtés de l’ambassadeur congolais en Suisse.
Elle y est allé porter le cri d’alarme de Kinshasa face aux expulsions massives de civils congolais vers le Rwanda, orchestrées dans les zones sous contrôle du M23/AFC et dénoncées comme contraires au droit international.
Un droit international violé

La ministre a remis au HCR un dossier détaillé montrant comment, dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, des familles entières ont été contraintes de franchir la frontière rwandaise sans aucun préavis ni accès à un recours juridique.
Elle a rappelé que la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et son Protocole de 1967 interdisent formellement tout refoulement, obligeant les organisations onusiennes à agir en coordination avec l’État souverain concerné.
Le rôle controversé du HCR

Chantal Chambu Mwavita a reproché au HCR d’être présent sur le terrain sans associer Kinshasa aux décisions d’évacuation ou de transit des déplacés.
Selon la ministre, cette dissociation constitue une entorse grave aux engagements internationaux et affaiblit la protection des droits des populations vulnérables.
Elle a exigé la suspension immédiate de toute opération de déportation tant que le gouvernement congolais ne sera pas pleinement impliqué dans la chaîne décisionnelle.
Un appel à la responsabilité collective
En conclusion de son entretien, la ministre des Droits humains a lancé un appel solennel à la communauté internationale pour qu’elle prenne ses responsabilités face à l’ampleur des violations à l’Est de la RDC.
Elle a insisté pour que les agences et les États membres des Nations unies coordonnent leurs efforts afin de garantir la souveraineté de la RDC et le respect des normes humanitaires, condition sine qua non de la sécurité et de la dignité des déplacés congolais.
Lydia Mangala

