La grande finale du concours Éloquence au Féminin – La Voix Souveraine s’est tenue le samedi 11 avril 2026 au Centre culturel et artistique des pays de l’Afrique centrale. L’événement s’est déroulé en présence de la Première Dame Denise Nyakeru, de la vice-présidente de la Fondation LONA Christina Tshisekedi, de la ministre du Genre Micheline Ombae, de la ministre de la Jeunesse Grâce Kutino, ainsi que de plusieurs personnalités du monde institutionnel et culturel.
La cérémonie a été portée par une mise en scène particulière, confiée à Joyce Salumu et Rachel Muluwayi, première et deuxième lauréates de la première édition du concours interuniversitaire Éloquence 360, qui ont assuré la modération avec assurance et élégance, incarnant déjà la continuité de cette génération de la parole engagée.
Sur scène, d’anciens finalistes de la première édition du concours Éloquence 360 ont également été appelés à témoigner de la valeur formatrice du programme. Julien Ntumba, Tracy Saidi et Jenovic Ilunga, respectivement troisième, quatrième et cinquième lauréats, ont rappelé la portée du concours en affirmant que la parole devient un outil de transformation lorsqu’elle est travaillée, assumée et portée avec responsabilité.
Avant l’entrée dans la compétition, la scène a vécu une prestation artistique signée Delice Kanda. Dans la foulée, Pernilla Tshiam, ancienne candidate du programme, a livré une performance poignante autour de sa réflexion spirituelle intitulée : « Et si je renvoyais à Dieu tous les coupables », une prestation qui a suscité une vive émotion dans la salle. Elle a ainsi interrogé la responsabilité humaine face au pardon et à la justice.
Une vidéo récapitulative a ensuite été projetée, retraçant les parcours des candidates au sein du Cercle 360 à travers les séances de formation, de coaching et les Talks for Inspiring, illustrant leur évolution au contact de femmes inspirantes.
La compétition a ensuite été placée sous l’évaluation d’un jury composé de personnalités de haut niveau. La présidence a été assurée par Nicole Ntumba Bwasthia, accompagnée de Tina Salama, Patricia Nzinga, Tracy Ntumba ainsi que de Rody Zola, initiateur du programme Éloquence 360.
La phase des duels a ouvert la compétition avec des confrontations d’idées intenses, articulées autour de thèses et antithèses.
Jovial Monga du Haut-Katanga et Victoria Ekoko de Kinshasa ont ouvert la série en débattant du rapport entre intelligence et organisation familiale autour du thème : « Vaut-il mieux un cerveau bien fait ou un foyer mieux tenu ? »
À l’issue de cette confrontation, la candidate Victoria Ekoko a déclaré :
« C’est un débat qui dépasse les apparences et qui nous oblige à réfléchir sur nos priorités sociales », a-t-elle affirmé.
Le deuxième duel a opposé Daniella Tamsha du Haut-Katanga à Fanny Bahindwa sur une question de société sensible : « Une fille doit-elle se marier avant d’avoir un métier ? »
« C’est juste époustouflant », a déclaré Patricia Nzinga à l’issue de ces deux premiers duels.
Le troisième duel a mis face à face Henriette Mbula de Kinshasa et Cécile Muswamba du Kasaï Oriental autour du thème : « Est-on plus libre derrière un masque ? »
Enfin, le dernier duel a opposé Ingrid Wimba de la Tshopo à Elvie Françoise Basosila de Kinshasa sur la question : « S’émanciper, est-ce devenir l’égale de l’homme ou sa meilleure version ? »
Après ces confrontations, la présidente du jury, Nicole Ntumba Bwasthia, a pris la parole pour saluer la qualité des échanges.
« Je vois des héritières d’une terre où la parole n’a jamais été malade. N’oubliez pas que votre pensée a grandi en lingala, en tshiluba, en swahili et en kikongo », a-t-elle souligné, avant d’encourager les candidates à ne jamais réduire leur valeur à un classement et insister sur la dimension identitaire et culturelle de leur expression.
La scène a ensuite accueilli les prestations individuelles des finalistes. Fanny Bahindwa a défendu le thème « Debout Congolaise », qu’elle a présenté comme un appel à la résilience féminine. Henriette Mbula a interrogé les perceptions spirituelles en posant la question : « Pourquoi Dieu serait-il masculin ? », une intervention qu’elle a portée comme une réflexion sur les représentations sociales.
Ingrid Wimba a livré une prestation engagée intitulée : « Ils m’ont limitée, je me suis définie », dans laquelle elle a affirmé sa reconstruction personnelle. Elle a expliqué son parcours comme une affirmation de soi face aux obstacles imposés.
Daniella Tamasha a dénoncé les injonctions sociales en déclarant :
« On m’a dit reste à ta place, je ne l’ai jamais trouvée », a-t-elle lancé avec force, traduisant une quête d’émancipation.
Cécile Muswamba a, pour sa part, défendu :
« Ils ont protégé son corps, jamais ses rêves », a-t-elle affirmé, en mettant en lumière la nécessité de protéger les aspirations des jeunes filles.
Victoria Ekoko a raconté son cheminement personnel en affirmant :
« Elle avançait seule jusqu’à comprendre qu’elle ouvrait la voie », a-t-elle expliqué, soulignant la dimension pionnière de son parcours.
Elvie Françoise Basosila a clôturé cette série avec un message de cohésion en déclarant :
« Unis dans l’effort », a-t-elle conclu, appelant à la solidarité collective.
En parallèle, la scène a accueilli une prestation musicale de Céline Banza, artiste compositrice et guitariste, qui a apporté une dimension artistique et émotionnelle supplémentaire à la soirée à travers une performance saluée par le public.
Après l’ensemble des prestations, le jury s’est retiré pour délibérer.
Dans un message fort adressé à l’auditoire, François Kakese, président de l’Institut DeAngelo & Camille, a souligné la richesse des talents observés.
« A ceux qui pensent que la République Démocratique du Congo n’a pas de talent, l’exemple vous est donné », a-t-il affirmé.
Il a, par l’occasion, plaidé pour un accompagnement durable des candidates afin d’éviter que leurs parcours ne s’interrompent après la compétition.
De son côté, Christina Tshisekedi, vice-présidente de la Fondation LONA, a porté un message en l’endroit des candidates.
« Ce soir nous écrivons la préface d’un nouveau chapitre, celui de la voix souveraine congolaise », a-t-elle déclaré.
« On ne tue qu’avec l’épée qu’on a dans la main mais avec celle qu’on a dans la bouche », a-t-elle poursuivi.
« La Fondation LONA prendra en charge vos frais universitaires jusqu’à la fin de vos études », a-t-elle rassuré.
Au moment des résultats, la présidente du jury a replacé l’ensemble du parcours dans une perspective culturelle.
« Je vois des héritières d’une terre où la parole n’a jamais été malade », a-t-elle lancé.
« N’oubliez pas que votre pensée a grandi en lingala, en tshiluba, en swahili et en kikongo », a-t-elle poursuivi, avant d’encourager les candidates à dépasser la logique du classement.
Le prix spécial du jury a été attribué à Henriette Mbula, classée quatrième et récompensée à 3 000 000 FC.
La troisième place est revenue à Fanny Bahindwa, qui repart avec 5 000 000 FC.
La deuxième place a été décernée à Elvie Françoise Basosila, distinguée avec 7 000 000 FC, qui a reçu son trophée des mains de la ministre de la Jeunesse.
Le moment culminant a consacré Jovial Monga, originaire du Haut-Katanga, comme grande lauréate de cette édition. Elle a reçu son trophée des mains de la Première Dame Denise Nyakeru avec un gain de 10 000 000 FC, devenant ainsi la Voix Souveraine de ce concours national.
Toutes les 16 candidates ont été honorées par des médailles et des brevets de participation, marquant la clôture d’une édition placée sous le signe de la parole consciente, de l’émancipation et de l’excellence féminine.
Lydia Mangala


