Sous un soleil ardent, le terrain GD de la commune de Lemba a accueilli, le dimanche 15 mars 2026, un meeting populaire organisé par le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu Ntubuanga. Devant une foule composée de militants et sympathisants de son parti, Autre Vision du Congo (AVC), l’homme politique a réaffirmé son soutien au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, tout en relançant le débat sur la révision de la Constitution.
Dès le début de la rencontre, l’ambiance était à la mobilisation. Drapeaux, chants et slogans ont rythmé ce rassemblement où les militants ont scandé à plusieurs reprises « Fatshi tout droit tii na 3 », devenu pour certains un cri de ralliement en faveur d’un éventuel troisième mandat du chef de l’État.
Face à ses partisans, Didier Budimbu n’a pas caché sa position. Dans un discours direct, il a estimé que certaines dispositions de la Constitution actuelle constituent des limites qui empêchent, selon lui, la poursuite efficace des actions engagées pour stabiliser le pays.
« Nous n’aurons peur de personne et nous ne devons pas nous voiler la face. Avec la situation actuelle et les limites que nous constatons dans notre Constitution, il faut la changer afin d’offrir un troisième mandat à Félix Tshisekedi pour qu’il termine la guerre qui endeuille notre pays pendant plus de 30 ans », a-t-il déclaré devant la foule.
Le leader de l’Autre Vision du Congo a également appelé les membres de l’Union sacrée de la Nation à rester mobilisés afin d’accompagner les initiatives politiques du président de la République. Selon lui, cette mobilisation est nécessaire pour adapter certaines dispositions constitutionnelles aux réalités sécuritaires et politiques actuelles de la République démocratique du Congo.
Ce meeting de Lemba s’inscrit dans une dynamique politique plus large. La veille déjà, lors d’un rassemblement populaire à Kasangulu, Didier Budimbu Ntubuanga avait ouvertement plaidé en faveur d’une réforme constitutionnelle. S’exprimant en lingala, il avait interrogé la foule : « Si le président Félix Tshisekedi doit laisser le pouvoir, pour le donner à qui… et pour que celui à qui on le donne en fasse quoi ? ».
Fondateur de l’Autre Vision du Congo en 2015, Didier Budimbu s’est progressivement imposé comme une figure influente au sein de la majorité présidentielle. Son parcours au sein des institutions l’a conduit à occuper plusieurs fonctions, notamment vice-ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, puis ministre des Hydrocarbures, avant d’être nommé en 2024 ministre des Sports et Loisirs.
Si ses partisans présentent la révision constitutionnelle comme un moyen de consolider la stabilité du pays et de poursuivre la lutte contre les groupes armés dans l’Est, cette perspective continue toutefois d’alimenter un débat intense au sein de la classe politique et de l’opinion publique.
Le meeting de Lemba confirme en tout cas que la question d’une éventuelle réforme de la Constitution s’installe progressivement au cœur du débat politique en République démocratique du Congo, avec des acteurs politiques déjà engagés dans la mobilisation de leurs bases.
Lydia Mangala



Ce meeting de Lemba s’inscrit dans une dynamique politique plus large. La veille déjà, lors d’un rassemblement populaire à Kasangulu, Didier Budimbu Ntubuanga avait ouvertement plaidé en faveur d’une réforme constitutionnelle. S’exprimant en lingala, il avait interrogé la foule : « Si le président Félix Tshisekedi doit laisser le pouvoir, pour le donner à qui… et pour que celui à qui on le donne en fasse quoi ? ».