L’annonce du Gouvernement Suminwa 2 a suscité une vive réaction au sein de la société congolaise. Entre promesses non tenues et recyclage des mêmes figures, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une équipe jugée peu ambitieuse et éloignée des attentes populaires.
Ces critiques reflètent un profond mécontentement et un scepticisme grandissant quant à la capacité de ce gouvernement à impulser un réel changement.
Un gouvernement jugé recyclé et sans renouvellement
De nombreux observateurs et acteurs sociaux dénoncent la présence de ministres reconduits malgré leurs bilans jugés insuffisants.
Jonathan Kienge Kashetu, président de l’ONG SOS Enfants d’Eden, déplore que certains membres ne méritent plus le titre de ministre, les qualifiant même d’empereurs. Selon lui, ce gouvernement est avant tout le résultat de compromis et de calculs politiques, sans réelle volonté de renouveau.
Jeanna Lokola, présidente des étudiants PPRD du Haut Katanga, souligne que la promesse d’un gouvernement resserré est une illusion, puisque plus de cinquante ministres composent toujours l’équipe. Il dénonce ainsi « la continuité de l’incompétence au sommet de l’État », avec un maintien de plusieurs ministres inefficaces.
Une gestion critiquée, loin des attentes du peuple
Pour Guillaume Edelo, ce remaniement ressemble davantage à un « partage de gâteau » politique qu’à une réelle réponse aux préoccupations des populations. Il rappelle que les mêmes visages associés à l’incompétence et aux bavures sont toujours présents, laissant la responsabilité d’agir au peuple lui-même.
Fazili Kimwanga s’alarme de cette absence d’apprentissage des erreurs passées, évoquant une situation politique instable, notamment à Kinshasa, et s’interrogeant sur l’avenir du pays sous ce régime.
Prisca Kiakanda dénonce le choix de nommer aux postes ministériels les mêmes personnes ayant déjà échoué, remettant en cause la logique même de ce renouvellement : « Reprendre les mêmes et espérer un résultat différent ? »
Un appel à un vrai changement et une gouvernance renouvelée
Pour Youri Miteu, il est urgent de dénoncer les maux du pays et d’exiger un gouvernement avec de nouveaux visages, car maintenir les mêmes équipes depuis l’indépendance contribue à la mauvaise gestion persistante.
Dieme Kayonga met en lumière la déconnexion entre les slogans officiels, tels que celui d’un « gouvernement resserré », et la réalité d’une équipe toujours trop large et inefficace, signe selon lui d’un manque de volonté politique réelle pour améliorer la gouvernance et réduire les dépenses publiques.
Vers une crise politique et sociale accrue
Enfin, Gueda Yav évoque un sombre tableau de la RDC, estimant que ce gouvernement perpétue les anciennes méthodes qui creusent l’écart entre dirigeants et population. Elle alerte sur les risques d’une crise majeure, nourrie par la corruption, le chômage, l’impunité et la répression, avec un contexte régional tendu et des ambitions politiques fluctuantes des principaux acteurs.
La contestation qui entoure le Gouvernement Suminwa 2 révèle une fracture grandissante entre la classe politique et la population congolaise, assoiffée de changement authentique.
Face à ces critiques, le gouvernement devra rapidement démontrer sa capacité à répondre aux attentes en matière d’efficacité et de gouvernance, sous peine de voir la défiance se transformer en un véritable défi politique et social.
Lydia Mangala


