Ce mercredi 18 septembre 2025, Kinshasa a encore été témoin d’une paralysie presque totale de sa circulation urbaine, particulièrement sur l’avenue de la Libération (ex-24 Novembre), depuis le Boulevard du 30 Juin jusqu’au boulevard Triomphal. Une journée d’enfer pour les automobilistes, les transporteurs en commun, les piétons, les fonctionnaires, les élèves et toutes les autres catégories de la population kinoise, déjà habituée à des conditions de déplacement difficiles, mais qui a atteint aujourd’hui un niveau d’asphyxie inédit.
La cause immédiate de ce blocage monstre ? L’interdiction d’accès à toutes les voies périphériques du Palais du Peuple, en raison de la tenue d’une séance très attendue au sein de l’Assemblée nationale. Cette séance portait sur l’examen de la pétition contre certains membres du présidium, notamment le Président Vital Kamerhe. Un dispositif sécuritaire massif a donc été déployé, bouclant tous les accès et provoquant des embouteillages paralysants dans toute la zone.
Mais cette situation ne fait que mettre en lumière une réalité plus profonde et plus préoccupante : l’absence de vision, de planification et de coordination dans la gestion urbaine à Kinshasa. Les embouteillages ne sont plus un fait occasionnel ; ils sont devenus la norme. Ils traduisent l’échec d’un système qui semble incapable d’anticiper les conséquences de ses propres actions sur le quotidien de millions de citoyens.
Depuis plusieurs mois, la capitale congolaise est le théâtre d’une prolifération incontrôlée de chantiers. Travaux de réhabilitation, de construction ou de modernisation des routes se multiplient, souvent en même temps et sans coordination apparente. Résultat : des quartiers entiers deviennent inaccessibles, des itinéraires alternatifs inexistants, et les automobilistes sont pris au piège. On assiste à une congestion des chantiers, une forme de chaos urbanistique qui révèle le manque de planification à moyen et long terme.
Face à cette situation, on est en droit de s’interroger : où est la conscience de nos autorités urbaines ? Quel est leur niveau d’engagement vis-à-vis du bien-être collectif ? Comment expliquer que des événements politiques ou institutionnels puissent à ce point compromettre la fluidité de la circulation, sans qu’aucune mesure alternative ne soit prévue pour la population ?
Il aurait été plus judicieux, par exemple, de faire du complexe sportif des Martyrs un point de jonction et de redirection du trafic dans la zone du Palais du Peuple. Un espace aussi vaste aurait pu servir de carrefour temporaire pour absorber une partie de la circulation et minimiser les désagréments. Mais cela suppose une vision, une anticipation et une volonté politique qui, manifestement, font défaut.
Cette journée est à l’image d’un dysfonctionnement global qui pèse lourdement sur la vie des Kinois. Derrière chaque embouteillage, il y a des pertes économiques, du stress, des urgences médicales non assurées, des élèves en retard, des rendez-vous manqués, et une frustration grandissante. La mobilité urbaine ne peut pas être traitée comme un sujet secondaire, encore moins sacrifiée pour des événements politiques, quels qu’ils soient.
Nous appelons donc les autorités à sortir de la gestion approximative et réactive pour entrer dans une gouvernance responsable, structurée et soucieuse du bien commun. Il est temps de penser Kinshasa autrement. Il est temps de concevoir une ville où la circulation n’est plus un combat quotidien, mais un droit garanti. Il est temps, surtout, de comprendre que la logistique urbaine n’est pas un luxe, mais une urgence vitale pour une capitale de plus de 15 millions d’habitants.
Eza normal tee que le peuple souffre pendant que l’élite politique se débat dans ses querelles internes, oubliant les besoins de base de ceux qu’elle prétend représenter.
Il est temps que cela change.
Christian La Grace LIOLYA


