La formation des nouveaux magistrats en République Démocratique du Congo s’est poursuivie à l’Université Protestante au Congo (UPC), marquée par une intervention interpellatrice du Président du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), Dieudonné Kamuleta.
Face à la nouvelle promotion de près de 5 000 magistrats, le haut magistrat a insisté sur la noblesse de la mission judiciaire et sur la lourde responsabilité qui incombe désormais à ces nouveaux serviteurs de l’État.
Le procès équitable, socle de l’État de droit
Dans son exposé, Dieudonné Kamuleta a rappelé que l’exercice de la magistrature repose avant tout sur le respect strict des principes fondamentaux du droit et du procès équitable. Il a mis en avant l’indépendance et l’impartialité du magistrat, soulignant que la justice ne peut être rendue sous pression ni influence extérieure, quelles qu’en soient les origines.
Le Président du CSM a également insisté sur la présomption d’innocence, le droit à la défense, le droit au silence, la publicité des audiences ainsi que la motivation des décisions judiciaires. Pour lui, chaque décision doit être claire, justifiée et compréhensible, afin de garantir la transparence et permettre, le cas échéant, son contrôle par les voies légales.
La célérité processuelle a aussi occupé une place centrale dans son discours. Dieudonné Kamuleta a rappelé que toute personne a droit à être jugée dans un délai raisonnable et que la détention doit demeurer une exception, strictement encadrée par la loi et décidée par un juge compétent.
Une interpellation morale au-delà du droit
Au-delà des règles juridiques, le Président du Conseil Supérieur de la Magistrature a lancé une interpellation éthique forte, invitant les nouveaux magistrats à une profonde introspection.
« Dans les actes que vous allez poser, Dieu sera-t-il content de vous ? Le Magistrat suprême sera-t-il fier de vous ? Et la société, sera-t-elle satisfaite de vous ? », a-t-il interrogé les nouveaux magistrats, appelant à une justice guidée par la conscience, l’intégrité et la vérité.
Selon lui, le respect de ces principes est indispensable pour bâtir une justice crédible, transparente et respectueuse des droits de l’homme, capable de restaurer la confiance des citoyens envers l’institution judiciaire.

En plaçant cette nouvelle promotion de magistrats devant ses responsabilités, Dieudonné Kamuleta veut faire de la justice un pilier solide de l’État de droit en République Démocratique du Congo, au service exclusif de l’intérêt général.
Lydia Mangala


