Après les scènes de désolation qui ont émaillé le duel entre le TP Mazembe et le FC Saint-Éloi Lupopo dimanche 8 mars 2026, la Ligue Nationale de Football (Linafoot) a décidé de sortir l’artillerie lourde. Entre forfaits, amendes records et délocalisations, l’instance dirigeante entend marquer les esprits pour mettre fin à l’insécurité dans les stades.
Ce qui devait être la fête du football congolais a tourné au cauchemar. Dès l’avant-match, les signes d’une tension électrique étaient palpables avec une première invasion de l’aire de jeu, contenue tant bien que mal par les forces de l’ordre. Après une première mi-temps stérile (0-0), le retour des vestiaires a scellé le sort de la rencontre. Une nouvelle invasion massive, des affrontements violents entre supporters et des dégradations matérielles importantes ont contraint le corps arbitral à l’évacuation d’urgence. L’usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule a fini de transformer l’enceinte sportive en zone de conflit.
Face à l’ampleur des dégâts et à l’atteinte à l’image du football national, la Linafoot a prononcé une série de mesures radicales frappant les deux géants lushois de manière solidaire :
Double forfait. En fait, aucune des deux équipes ne glanera de point. Elles sont toutes deux déclarées perdantes par forfait. Les trois prochains matchs à domicile de Mazembe et de Lupopo sont délocalisés loin de leurs bases habituelles. Pour leurs trois prochains déplacements à Lubumbashi, les deux clubs devront évoluer dans des stades vides.
Les clubs ont l’obligation de prendre en charge l’intégralité des frais médicaux de tous les blessés répertoriés lors des incidents et l’usage des stadiers est momentanément interdit pour les deux formations, et la totalité des recettes du match est confisquée.
Si les deux clubs écopent chacun d’une amende correctionnelle de 15 000 USD, le FC Saint-Éloi Lupopo hérite d’une charge supplémentaire. Le club est sommé de réparer tout le matériel endommagé ou emporté (sièges, emblèmes, véhicules). La Linafoot a d’ailleurs précisé que la levée de certaines sanctions reste conditionnée par l’exécution de ces réparations.
Côté effectif, le gardien des Corbeaux, Marc-Philippe Diouf, n’échappe pas à la patrouille et se voit infliger une amende individuelle de 200 USD.
L’avertissement final de la Linafoot résonne comme un dernier sursis. L’instance a formellement rappelé que toute récidive entraînerait l’application de l’article 80 du Code Disciplinaire. Ce dernier prévoit des sanctions extrêmes. Il s’agit de l’exclusion immédiate de la compétition et la relégation en division inférieure.
Pour l’heure, le football congolais retient son souffle, espérant que cette main de fer suffira à ramener la sérénité dans les tribunes.
Josaphat Mayi


