À moins d’un mois du coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026, l’ambiance n’est pas seulement à la tactique et aux crampons pour la sélection de la République démocratique du Congo. Les Léopards se retrouvent plongés au cœur d’un imbroglio politico-sanitaire totalement exceptionnel.
Selon des informations révélées par ESPN et l’AFP, la Maison Blanche a imposé une décision radicale. En effet, la sélection congolaise devra se soumettre à une période d’isolement stricte de 21 jours avant d’être autorisée à fouler officiellement le sol américain. Une mesure d’exception dictée par les risques liés à la récente flambée du virus Ebola sur le territoire congolais.
Alors que leur stage de préparation est prévu en Belgique, les hommes de Sébastien Desabre ont dû revoir leurs plans en urgence. Adieu l’effervescence des supporters et les séances ouvertes à Kinshasa, la sélection a immédiatement basculé dans une bulle sanitaire hermétique afin de sanctuariser sa participation au tournoi planétaire.
Andrew Giuliani, responsable de la cellule Coupe du Monde à la Maison Blanche, a d’ailleurs tapé du poing sur la table. Il prévient que chaque nouvel arrivant rejoignant le groupe qu’il s’agisse d’un joueur de dernière minute ou d’un membre du staff devra être isolé séparément.
L’objectif de Washington est d’ éviter le moindre risque d’introduction de la maladie sur son territoire. Les autorités américaines ne cachent pas leur crainte que l’apparition d’un seul cas symptomatique au sein de la délégation compromettrait immédiatement et définitivement la présence des Léopards au Mondial.
Pourtant, le temps presse. Les Léopards, qui doivent établir leur camp de base à Houston, au Texas, sont attendus au tournant pour leur deuxième participation historique à une phase finale (après l’épopée du Zaïre en 1974). Le programme s’annonce particulièrement corsé dans le groupe K avec le choc d’ouverture face au Portugal de Cristiano Ronaldo à Houston, le 17 juin, puis, le duel de feu contre la Colombie à Guadalajara (Mexique), le 23 juin avant l’ ultime confrontation face à l’Ouzbékistan à Atlanta, le 27 juin.
Cette préparation en vase clos en Belgique est le prix à payer pour espérer tenir tête à ces grosses écuries et préserver le rêve de tout un peuple. Sur le plan sanitaire, la sévérité américaine fait écho aux récentes déclarations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
L’institution a déclenché une alerte sanitaire internationale à la suite d’une nouvelle épidémie dans l’est de la RDC, notamment dans la province de l’Ituri. Le bilan provisoire fait déjà état de plusieurs dizaines de cas recensés et de plusieurs décès confirmés, ce qui a poussé le gouvernement congolais et la fédération à annuler le stage qui devait initialement se tenir au pays.
Malgré l’adversité, le feu vert accordé par le Département d’État américain montre que la diplomatie sportive a fonctionné. Désormais, c’est une course contre la montre médicale que disputent les Congolais. Isoler le groupe pour mieux vacciner les esprits contre la peur. Tel est le nouveau credo des Léopards pour rugir cet été sur le sol américain.

Josaphat Mayi


