Si le sifflet final des barrages intercontinentaux résonne encore comme un écho victorieux dans les rues de Kinshasa, pour Sébastien Desabre, le regard est déjà tourné vers l’horizon nord-américain. Qualifiée fin mars pour la grand-messe du football mondial, la République démocratique du Congo connaît son destin : le groupe K. Un tirage au sort qui place les Léopards face à un triptyque de défis nommé Portugal, Colombie et Ouzbékistan.
Loin de se laisser impressionner par le prestige des adversaires, le technicien français affiche une sérénité studieuse. Pour lui, ce Mondial au Canada, aux États-Unis et au Mexique n’est pas une simple destination, mais un terrain de conquête. Interrogé par nos confrères d’Afrik Foot sur ce groupe, Sébastien Desabre livre une analyse lucide. En tête de liste, le Portugal, une nation qu’il observe de près, après avoir scruté leur récent match nul.
« C’est un prétendant au titre », admet-il sans détour, soulignant la qualité offensive d’une sélection parmi les meilleures de la planète.
Derrière l’épouvantail portugais se dresse la Colombie, troisième des qualifications sud-américaines, réputée pour sa technique soyeuse et son tempérament de feu.

Enfin, l’Ouzbékistan, souvent perçu comme le maillon faible, est traité avec le plus grand sérieux. Sa victoire (3-1) contre le Gabon lors des FIFA Series a laissé une trace dans les notes du sélectionneur.
« Cette équipe m’a fait une bonne impression », confie-t-il, promettant une étude approfondie de chaque adversaire dans les semaines à venir.
À la Coupe du monde, la RDC ne veut pas faire de la figuration. Pour Sébastien Desabre, la sélection congolaise ne se rendra pas en Amérique du Nord pour faire de la figuration ou collectionner les maillots. Le technicien français affirme que l’objectif est de franchir le premier tour. Profitant du format élargi de la compétition, où les meilleurs troisièmes peuvent accéder aux seizièmes de finale, Desabre croit fermement en ses chances.
« Rien n’est écrit à l’avance », martèle-t-il.
Pour lui, la qualification n’était que la première étape d’un projet plus vaste. L’envie de bousculer la hiérarchie mondiale est palpable.
« Nous avons envie de bien figurer et franchir le premier tour me semble tout à fait possible. Jouer une phase finale de Mondial, c’est affronter des équipes de haut niveau, mais aussi avoir de l’ambition », explique Sébastien Desabre.
Dans les bureaux de la sélection, l’heure est à la logistique et à l’observation fine. La question que tout un peuple se pose, celle de la liste des 26 élus, trouvera sa réponse autour du 15 mai. Faut-il s’attendre à de gros bouleversements ? Sans doute pas. Sébastien Desabre privilégie la continuité. Ayant bâti un groupe solide et solidaire ces derniers mois, il n’envisage pas de changements majeurs, sauf imprévus médicaux.
« Nous allons suivre de près les internationaux, mais il ne faut pas s’attendre à de gros bouleversements. Nous travaillons avec un groupe de joueurs depuis un certain temps. Il faudra faire quelques choix. J’espère surtout que personne ne se blessera d’ici là », glisse-t-il.
Parallèlement, la Fédération congolaise de football association (FECOFA) s’active pour finaliser le programme de préparation. Malgré une qualification tardive qui a compliqué la recherche d’adversaires pour les matchs amicaux, quelques rencontres sont en cours de finalisation. Le lieu du stage, ultime laboratoire avant le grand départ, devrait également être révélé prochainement.
« Nous travaillons encore sur le programme de préparation, avec deux ou trois matches amicaux, ainsi que sur le lieu du stage pour le début du rassemblement. Je sais ce que je veux, mais comme la RDC s’est qualifiée fin mars, il faut aussi tenir compte du fait que plusieurs sélections avaient déjà bouclé leur programme. Il faut donc trouver des adversaires disponibles, et cela prend un peu de temps », poursuit-il.
Pour la RDC, le rêve américain a déjà commencé. Sous la houlette d’un Desabre stratège, les Léopards s’apprêtent à défier l’histoire, avec la ferme intention de prouver que le football congolais a toute sa place parmi les grandes nations.
Josaphat Mayi


