Kinshasa, jeudi 12 février 2026 — La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une flambée de choléra particulièrement sévère qui s’intensifie depuis plusieurs mois, mobilisant les autorités sanitaires nationales, les ONG et les agences onusiennes. Cette épidémie, qui touche de nombreuses provinces du pays, est considérée comme l’une des plus graves depuis un quart de siècle et suscite une inquiétude croissante chez les populations et les experts de la santé publique.
Une progression inquiétante dans plusieurs provinces

Dans la province du Haut-Katanga, les autorités sanitaires font état d’une reprise significative des cas depuis octobre 2025. Selon les dernières données, plus de 360 cas de choléra ont déjà été enregistrés dans la région, accompagnés d’une douzaine de décès, aussi bien en milieu hospitalier qu’en communauté. Les responsables sanitaires pointent un retour de la maladie après une période de régression, avec une circulation active à la fois dans les zones rurales et urbaines.
Cette situation préoccupante s’inscrit dans un contexte plus large d’intensification du choléra à l’échelle nationale. D’après les agences humanitaires, la RDC continue de déclarer plusieurs milliers de cas suspects chaque semaine, avec un bilan humain significatif depuis le début de l’année.
Plusieurs provinces en alerte et un bilan lourd
Les services des Nations unies ont confirmé qu’il s’agit de l’une des pires épidémies de choléra que la RDC ait connues depuis 25 ans. Entre le début de l’année et aujourd’hui, plus de 1 300 cas suspects ont été recensés, dont au moins 35 décès, selon le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA). La propagation de l’infection reste facilitée par des conditions de vie précaires, l’accès limité à l’eau potable, et les difficultés à disposer d’installations sanitaires adéquates dans de nombreuses régions.
Face à l’ampleur de la crise, l’ONU a déjà alloué 750 000 dollars via son Fonds d’Urgence Central (CERF) pour renforcer la riposte sanitaire sur le terrain, soutenir les soins aux malades et améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement. Mais les besoins restent encore très élevés.
Des populations fragilisées et des mesures d’urgence

Les autorités sanitaires et les partenaires appellent à une réponse accrue et coordonnée : renforcement des centres de traitement, distribution de kits d’hygiène, campagnes de sensibilisation sur les mesures de prévention (comme le lavage des mains et le traitement de l’eau), et renforcement des services de surveillance épidémiologique.
Dans le Haut-Katanga, par exemple, les autorités provinciales ont récemment fourni des médicaments et intrants médicaux essentiels à l’hôpital général de référence de la Kenya, principal centre de prise en charge des cas, pour mieux faire face à l’afflux de patients.
Un défi sanitaire majeur
Les experts soulignent que la lutte contre le choléra en RDC est entravée par de nombreux facteurs structurels : insécurité dans certaines zones, difficulté d’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires de base, forte mobilité des populations, ainsi que la co-occurrence d’autres crises sanitaires.
Alors que l’épidémie se poursuit, les efforts pour endiguer sa progression et sauver des vies se multiplient, mais les autorités, les partenaires internationaux et les communautés locales restent sur le qui-vive face à une crise sanitaire majeure qui touche déjà des milliers de familles à travers le pays.
La rédaction


