Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, s’est exprimé, le samedi 29 novembre 2025, lors d’une interview accordée à la radio Top Congo, pour répondre aux critiques croissantes sur la gestion de la capitale, régulièrement confrontée aux embouteillages, inondations et insécurité.
« Nous faisons plus avec moins » : bilan routier
Face aux nombreux Kinois mécontents de l’état des routes, Daniel Bumba a rappelé les chiffres de ses réalisations.
Selon lui, environ 120 kilomètres de routes ont été asphaltés sur les 660 planifiés pour cette seule année. Au total, 302 avenues ont déjà été prises en charge, et 105 kilomètres de travaux sont déjà utilisables, bien que les usagers ne s’en rendent pas forcément compte.
« 660 kilomètres déjà bookés pour cette année, 302 avenues déjà prises en charge, et les travaux clôturés à ce jour sont de plus de 105 kilomètres sur lesquels vous roulez sans vous rendre compte », a affirmé Daniel Bumba.
Il a également comparé ces chiffres avec le mandat de son prédécesseur, Gentiny Ngobila, qui n’avait réalisé que 34 kilomètres de route en 5 ans, avec un budget de près de 450 millions de dollars pour l’entretien des routes.
« Nous faisons plus avec moins d’argent. Prenons le cas du FONER. Il avait reçu 450 millions de dollars sous le mandat précédent. Mais où est le résultat ? », a-t-il questionné.
Clarification sur les fonds de la voirie
Le gouverneur a détaillé la répartition des 96 millions de dollars annoncés par le gouvernement central pour la construction et la réhabilitation des routes, ainsi que le curage des caniveaux.
Il a précisé que la ville n’a reçu que 21 millions, soit 21 % du montant total, et que 14 millions ont déjà été utilisés pour la voirie et le curage, tandis que les 7 millions restants sont conservés dans un sous-compte du ministère des finances, sous contrôle de l’Inspection générale des Finances (IGF).
« Ce sont des faussetés. Le montant qu’on attribue à la ville de Kinshasa n’est pas vrai. L’argent alloué est autour de 21 millions, et nous l’utilisons de manière transparente », a affirmé Daniel Bumba.
Sécurité et solutions structurelles
Interrogé sur l’insécurité et les inondations récurrentes, le gouverneur a insisté sur la nécessité de solutions structurelles, plutôt que conjoncturelles.
« Aux problèmes structurels, il faut des solutions structurelles. Les solutions conjoncturelles ne sont pas la priorité », a-t-il précisé.
« La criminalité est un fait de ville. Nous travaillons en concertation avec la police et l’armée pour que la sécurité soit assurée », a-t-il ajouté concernant la criminalité.
Daniel Bumba a également souligné le défi unique que représente la gestion d’une capitale de 20 millions d’habitants qu’aucun gouverneur de Kinshasa ne s’est retrouvé face à une population de cette taille.
Pression sociale et politique
Depuis le début de la semaine, le gouverneur a essuyé de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, certaines voix appelant même à sa démission, pointant du doigt l’état des routes, les inondations et l’insécurité, une question orale avec débat l’attend à l’Assemblée provinciale de Kinshasa pour expliquer la gestion des ressources.
Cependant, le gouvernement central a récemment suspendu toutes les motions et pétitions des députés, pour ce qu’il qualifie de période de « temps de guerre ».
Daniel Bumba reste ainsi déterminé à défendre son bilan et à mettre en avant les chiffres et réalisations concrètes, tout en insistant sur le fait que la transformation de Kinshasa nécessite des solutions structurelles et un engagement continu.
Lydia Mangala


