Dix-sept ans après l’adoption de la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 relative à la protection de l’enfant, le Gouvernement de la République démocratique du Congo engage une étape décisive d’évaluation de ce texte fondamental.
En mission officielle à Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uélé, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae, a annoncé l’organisation d’un atelier provincial d’évaluation de cette loi, couplé à l’installation officielle de la cellule technique mixte de la masculinité positive de la CTM Positive RDC.
À son arrivée le jeudi 8 janvier 2025 dans cette ville du nord-est du pays, la ministre a inscrit cette initiative dans les priorités stratégiques de l’Exécutif, conformément à la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui place les questions du genre, de la famille, de l’enfance et de la jeunesse au cœur de l’action gouvernementale.
Une loi fondamentale face à des défis persistants sur le terrain
Promulguée en 2009, la loi portant protection de l’enfant constitue un socle juridique majeur dans la lutte contre les violences faites aux mineurs, notamment les abus sexuels, l’exploitation, le travail des enfants ainsi que les mariages précoces. Toutefois, près de deux décennies après son entrée en vigueur, son application reste marquée par de nombreuses difficultés.
Dans la province du Haut-Uélé, comme dans plusieurs autres entités du pays, les défis demeurent importants entre autres faible appropriation communautaire du cadre légal, insuffisance de moyens matériels et humains, pesanteurs socioculturelles, mais aussi accès limité à la justice pour les enfants victimes. Autant de réalités qui justifient l’évaluation annoncée par le Gouvernement.
Un atelier provincial pour un bilan sans complaisance
L’atelier provincial d’évaluation prévu à Isiro se veut un cadre d’échanges inclusif, participatif et sans complaisance. Il réunira magistrats, autorités administratives, services techniques de l’État, organisations de la société civile ainsi que partenaires techniques et financiers.
L’objectif est d’analyser en profondeur les forces et les faiblesses du dispositif légal existant, afin de formuler des recommandations concrètes et adaptées aux réalités locales. À travers cet exercice, le Gouvernement entend renforcer l’effectivité des droits de l’enfant, améliorer les mécanismes de prévention et optimiser la prise en charge des victimes de violences et d’abus.
La masculinité positive, un levier stratégique de prévention
La ministre a procédé à l’installation officielle de la cellule technique mixte de la masculinité positive dans la province du Haut-Uélé. Cette structure vise à impliquer activement les hommes et les garçons dans la prévention des violences basées sur le genre et dans la promotion des droits de l’enfant.
Cette approche, qualifiée de novatrice, va au-delà de la simple protection des victimes. Elle ambitionne de transformer durablement les normes sociales, de déconstruire les stéréotypes de genre et de s’attaquer aux comportements à la source des violences.
En institutionnalisant cette cellule au niveau provincial, le Gouvernement entend créer un cadre permanent de concertation réunissant autorités publiques, leaders communautaires, confessions religieuses et organisations de jeunesse.
Responsabilité collective et engagement citoyen
Au cours de ses échanges avec les autorités locales et la population, la ministre Micheline Ombae a insisté sur la responsabilité collective dans la protection de l’enfant et la promotion du vivre-ensemble.
Elle a appelé à une mobilisation accrue contre les antivaleurs, particulièrement à l’ère des réseaux sociaux, tout en encourageant un engagement citoyen en faveur de la paix, de la cohésion nationale et du respect des droits humains.
Cette visite ministérielle s’est déroulée dans un contexte douloureux, marqué par un tragique accident de circulation survenu peu avant l’arrivée de la ministre à Isiro, ayant causé la mort de quatre personnes. Informée de ce drame, Micheline Ombae a exprimé sa profonde compassion et présenté ses condoléances aux familles endeuillées, réaffirmant la solidarité du Gouvernement en ces moments difficiles.
Lydia Mangala


