Le jeudi 8 mai 2025, devant l’Assemblée nationale réunie au Palais du Peuple, Samuel Roger Kamba, Ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance sociale, a dressé un état des lieux précis de la mise en œuvre du programme de gratuité de la maternité et des soins aux nouveau-nés.
Lancé en septembre 2023 par le président Félix-Antoine Tshisekedi, ce dispositif vise à lever les obstacles financiers pesant sur l’accès aux soins maternels et infantiles, dans le cadre plus large de la couverture santé universelle.
Quatorze provinces couvertes, dont trois sur fonds publics
À ce jour, le programme s’étend sur 14 des 26 provinces de la RDC. Sur les fonds propres de l’État, la gratuité est effective à Kinshasa, au Kongo Central et au Kasaï Oriental. Pour les onze autres provinces, c’est la Banque mondiale, via son programme de lutte contre la malnutrition, qui prend en charge les coûts.
Grâce à ce partenariat, sur 519 zones de santé, 257 sont couvertes, a précisé le ministre, et 4 622 formations sanitaires dont 2 080 publiques et 2 452 privées ou concessionnelles, ont été retenues, selon des critères de qualité établis en amont.
Démarrer par Kinshasa pour valider le processus
Samuel Roger Kamba a expliqué le choix de la ville-province de Kinshasa pour le démarrage :
« C’est là où se concentre la plus grande agglomération, mais aussi un miroir des conditions rurales ; et c’était le terrain idéal pour valider le processus avant extension. »
Le coût annuel estimé pour couvrir l’ensemble du pays dépasse les 200 millions USD. Le gouvernement a donc sollicité la Banque mondiale, qui a réorienté une partie de ses fonds initialement dédiés à la malnutrition pour financer l’extension à onze provinces supplémentaires.
Face aux risques de migration des mères vers Kinshasa, les autorités ont parallèlement étendu la gratuité au Kongo Central.
Sélection rigoureuse pour garantir la qualité des soins
Contrairement à une prise en charge universelle aveugle, le ministre a insisté sur la nécessité de pré-sélectionner les établissements :
« Notre ambition n’est pas que tout soit gratuit, mais que les mamans accèdent à des soins de qualité. »
Un système d’évaluation piloté par une autorité de régulation vérifie, avant inclusion, que chaque centre réponde aux standards requis en termes d’équipements, de personnel et de gestion.
La gratuité de la maternité constitue le premier pilier du plan de couverture santé universelle porté par le second quinquennat de Félix Tshisekedi.
Ce programme s’inscrit dans l’un des six engagements phares du président : garantir un accès équitable et de qualité aux services de base, qu’il s’agisse de la santé, de l’éducation, de l’eau, de l’électricité ou de la protection sociale.
Lydia Mangala


