Le croissant lunaire a tranché. Après un marathon spirituel entamé le mercredi 18 février, la République démocratique du Congo ainsi que l’ensemble du continent africain ont célébré, ce vendredi 20 mars, la fête de l’Aïd el-Fitr.
Cette date marque la clôture du mois sacré du Ramadan 1447 de l’hégire, une période de trente jours durant laquelle la discipline du corps s’est effacée au profit de l’élévation de l’âme.
Le Ramadan ne se résume pas à une simple privation de nourriture. En tant que l’un des cinq piliers de l’islam, il représente un véritable voyage intérieur. En RDC, bien que la communauté musulmane soit statistiquement minoritaire, représentant environ 10 % à 12 % de la population nationale, soit près de 12 millions de fidèles, son impact social durant ce mois a été considérable.
À l’échelle du continent, l’Afrique abrite plus de 500 millions de musulmans, faisant de ce mois de mars 2026 un moment de communion transcontinentale. De Dakar à Kinshasa, en passant par Le Caire, une atmosphère de sérénité a transcendé les frontières.
En RDC, le Ramadan transforme profondément le paysage social. L’aumône (Zakat), pilier indissociable du jeûne, s’est traduite par une solidarité active. Ainsi, des milliers de kits alimentaires ont été distribués dans les quartiers populaires de Kinshasa, notamment à Lingwala, Barumbu et Selembao.
Pendant trente jours, à la tombée de la nuit, la rupture du jeûne est devenue un véritable vecteur de cohésion sociale. Les tables de l’Iftar ont réuni non seulement les fidèles, mais aussi des voisins de toutes confessions, illustrant une fraternité humaine remarquable.
Après les vingt premiers jours, les dix dernières nuits ont été marquées par une intensification de la dévotion, culminant avec Laylat al-Qadr, durant laquelle les mosquées sont restées illuminées jusqu’à l’aube.
Une célébration de l’Aïd sous le signe de l’unité
Ce vendredi 20 mars 2026, dès l’aube, les grandes artères de Kinshasa ainsi que des chefs-lieux provinciaux ont vibré au rythme des takbirs. Vêtus de leurs plus beaux habits, les fidèles ont afflué vers les mosquées pour la grande prière de l’Aïd.
« La patience est une vertu dont la récompense est le Paradis. Ce mois de février et mars 2026 restera gravé comme un moment de renouveau, où la discipline individuelle s’est muée en force collective au service de la paix », a déclaré l’imam Radjabou Malick, joint au téléphone par notre rédaction.

Sans aucun doute, l’Aïd el-Fitr n’est pas une fin, mais un nouveau départ. Au-delà des festivités, des repas partagés et des visites familiales qui se poursuivront tout au long du week-end, l’enjeu reste la pérennisation des valeurs acquises pendant le mois sacré : patience, compassion et rigueur morale.
Dans un monde en constante mutation, la clôture de ce mois sacré en RDC rappelle que la foi, lorsqu’elle est vécue avec sincérité, constitue un puissant moteur de stabilité et d’espoir pour toute la nation.
Josaphat Mayi


