L’Unisic (ex-IFASIC) a accueilli ce 24 février les après midi une conférence cruciale sur «le rôle et les attitudes des jeunes en temps de guerre» organisé par la coordination estudiantine de cette université. Cette thématique, abordée selon deux axes majeurs, a suscité un vif intérêt auprès des participants. La discussion a été animée par des intervenants de renom, offrant des perspectives éclairantes sur un sujet complexe et souvent négligé.
Le premier axe de la conférence s’est concentré sur l’apport des jeunes dans les conflits armés. Force vive souvent mobilisée, la jeunesse participe à la guerre de multiples façons, que ce soit au sein des forces armées, comme acteurs de la résistance, ou encore dans des rôles de soutien logistique et humanitaire. Des exemples concrets, tirés de différentes zones de conflit, ont été présentés, soulignant la diversité des contributions et la complexité des motivations.
Le second axe a exploré les attitudes des jeunes face à la guerre et à ses conséquences. La conférence a abordé les traumatismes psychologiques, les difficultés d’intégration sociale et la nécessité d’un accompagnement spécifique pour les jeunes touchés par les conflits. La discussion a également mis en lumière les défis liés à la radicalisation, à l’exploitation et au recrutement des jeunes par les groupes armés.
Parmi les intervenants, Monsieur Al Kitengé, analyste économique et stratège, a apporté une perspective unique en soulignant les dimensions économiques et géopolitiques des conflits et leur impact sur les jeunes. Il a notamment mis l’accent sur les conséquences économiques de la guerre, et sur la manière dont la jeunesse est particulièrement vulnérable à la pauvreté et à l’exclusion sociale.
Madame Abigael Wanzambi, administratrice à la FPI (fond de promotion d’industrie),a quant à elle, offert un éclairage précieux sur le rôle des organisations de la société civile dans l’accompagnement et la réinsertion des jeunes affectés par la guerre. Elle a insisté sur l’importance des programmes de réhabilitation, de formation professionnelle et d’insertion socio-économique pour permettre aux jeunes de reconstruire leur avenir. Elle a aussi souligné et motivé les jeunes à s’enrôler aux forces armées car nous avons une population élevée qu’il faut protéger.
Lors de la conférence, le troisième intervenant, M. William Mukambila, président du Conseil national de la jeunesse, a rappelé aux jeunes qu’il représente l’importance de ne pas se laisser submerger par la désinformation, mais plutôt de se fier à un sentiment patriotique éclairé pour faire face aux défis actuels, notamment les conflits armés. M. Mukambila a souligné l’importance de l’éveil patriotique en tant que conscience essentielle pour la jeunesse congolaise dans ces moments de crise. Il a introduit un nouveau slogan, « Elenge Kidiba te », qui incarne cet élan vers la prise de conscience et la protection de l’intégrité territoriale du Congo face aux agressions extérieures.
La conférence s’est clôturée par le discours de Madame Naomi Kidienga, présidente des étudiants de l’unisic, appelant à une meilleure compréhension du rôle complexe des jeunes en temps de guerre. Elle a souligné l’importance d’une approche holistique et durable pour accompagner et protéger les jeunes. Les participants ont mis en avant la nécessité d’une coopération entre les jeunes pour soutenir les forces armées et le commandant suprême dans leurs efforts pour restaurer la paix et la sérénité au sein de la population congolaise, tout en soutenant les jeunes touchés par les violences. Cette conférence a permis d’engager un dialogue crucial sur un sujet d’une importance capitale.
Fiston Tshibangu


