Cinq ans après son lancement en grande pompe, le programme « Kinshasa Bopeto » est officiellement jugé insuffisant par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi.
Lors du Conseil des ministres tenu vendredi 25 juillet 2025, le Chef de l’État a exprimé sa déception face à l’inefficacité de cette initiative censée améliorer durablement la salubrité de la capitale congolaise.
Un constat d’échec amer
Présenté en octobre 2020 comme une réponse ambitieuse au défi environnemental de Kinshasa, « Kinshasa Bopeto » devait incarner une nouvelle ère d’hygiène urbaine, de civisme et de gestion participative des déchets.
Mais cinq ans plus tard, l’insalubrité persiste, et les efforts semblent dispersés. Le Président Tshisekedi a déploré un manque d’engagement dans la mise en œuvre du programme, soulignant que les résultats obtenus sont bien en-deçà des attentes initiales.
Prise des mesures drastiques
Face à ce constat, le Chef de l’État n’a pas mâché ses mots :
« L’amélioration du cadre de vie à Kinshasa est une priorité nationale. Un environnement propre est essentiel pour la santé et la dignité des citoyens », a-t-souligné.
Appelant à un «sursaut d’orgueil collectif, il a insisté sur le fait que la réussite d’un tel projet ne peut reposer uniquement sur les épaules du gouvernement, mais nécessite l’implication de l’ensemble de la population.
Des pistes concrètes évoquées
Parmi les mesures urgentes envisagées, le Président a proposé:
– La responsabilisation accrue des autorités locales ;
– La relance effective de la brigade de salubrité avec des moyens logistiques renforcés ;
– La création d’une unité spécialisée dans l’évacuation des véhicules et épaves abandonnés.
Il a également instruit le Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, le Ministre délégué à la Politique de la ville et le Gouvernement provincial de Kinshasa à travailler en synergie. Un rapport détaillé, contenant des propositions concrètes, est exigé dans un délai de sept jours.
Vers une nouvelle impulsion pour Kinshasa
Ce rappel à l’ordre présidentiel sonne comme une dernière alerte avant une refonte du programme « Kinshasa Bopeto » ou un changement d’approche radical. Il reflète aussi les attentes croissantes de la population face à la dégradation continue de leur cadre de vie, dans une mégalopole de plus de 15 millions d’habitants.
Alors que les défis environnementaux s’aggravent, cette prise de position pourrait marquer un tournant décisif dans la gouvernance urbaine de Kinshasa. Reste à savoir si les actes suivront les paroles.
Lydia Mangala


