Réunies à Dar es Salam, en Tanzanie, les instances dirigeantes du football africain ont vécu une Assemblée Générale décisive. Entre rumeurs de report et réformes structurelles de grande ampleur, le président de la Confédération Africaine de Football (CAF), Patrice Motsepe, a tenu à remettre les pendules à l’heure avec une fermeté diplomatique.
C’est une onde de choc qui avait parcouru le continent suite aux révélations du quotidien britannique The Guardian. Le média affirmait que l’édition 2027, co-organisée par le trio Kenya-Ouganda-Tanzanie, était sur le point d’être reportée à 2028 en raison d’un manque de préparation des infrastructures.
Patrice Motsepe a profité de la tribune tanzanienne pour balayer ces allégations d’un revers de main. Non, la CAN 2027 ne sera pas reportée. Malgré les défis logistiques inhérents à une organisation tripartite, la CAF maintient sa confiance envers l’Afrique de l’Est. Le rendez-vous est pris, et le chronomètre continue de tourner pour les pays hôtes.
L’annonce la plus marquante de cette assemblée reste sans doute la confirmation d’un changement historique dans le rythme de la compétition reine. À partir de 2028, la Coupe d’Afrique des Nations passera officiellement à un format tous les quatre ans. Ce passage d’un cycle biennal à un cycle quadriennal répond à plusieurs impératifs.
Désengorger un calendrier international saturé, permettant aux joueurs évoluant en Europe de souffler. Mais, aussi, d’accroître la valeur commerciale et l’exclusivité de l’événement et offrir plus de temps aux pays organisateurs pour livrer des infrastructures de classe mondiale.
Pour compenser l’espacement des CAN et maintenir la compétitivité des sélections nationales, Patrice Motsepe a réitéré la mise en place d’une Ligue des Nations africaine.
Contrairement au modèle européen, celle-ci se jouera tous les deux ans et s’articulera autour des six zones géographiques de la CAF (UNAF, UFOA A et B, UNIFFAC, CECAFA, COSAFA). Ce format garantit une réduction des coûts de déplacement pour les fédérations.
En réaffirmant ses positions, Patrice Motsepe joue la carte de la stabilité tout en orchestrant une mutation profonde. Si le maintien de 2027 rassure les partenaires est-africains, la réforme de 2028 marque le début d’une nouvelle ère où la qualité semble désormais primordiale sur la quantité.
Josaphat Mayi


