Le constat est glaçant. En République démocratique du Congo (RDC), le nombre de femmes et d’enfants victimes de violences sexuelles a été multiplié par quatre au premier semestre 2025, selon un rapport alarmant de l’ONG Save the Children publié ce jeudi 4 septembre 2025.
Cette flambée survient dans un contexte d’intensification des combats à l’Est du pays, où la population civile paie un lourd tribut à l’insécurité chronique.
Des chiffres qui interpellent
Entre janvier et juillet 2025, 2.702 survivants, femmes et enfants, ont reçu un appui de l’organisation, contre seulement 612 à la même période en 2024.
Le ministère congolais de la Santé, de son côté, fait état de 73.400 cas de violences sexuelles recensés en six mois, soit une hausse de 16%.
Plus inquiétant encore, près d’un tiers de ces victimes sont des filles de moins de 16 ans.
Ces statistiques traduisent une situation d’urgence humanitaire : derrière les chiffres se cachent des vies brisées, des familles dévastées et un tissu social profondément fragilisé.
La guerre comme catalyseur de violences
La recrudescence des affrontements avec les groupes armés dans l’Est du pays entraîne des conséquences directes comme les déplacements massifs avec plus d’un million en 2025, l’insécurité alimentaire accrue, et l’explosion des cas de violences sexuelles.
Les témoignages recueillis par Save the Children révèlent une brutalité extrême : des mères violées devant leurs enfants, des enfants agressés aux côtés de leurs parents.
Ces violences ne sont pas de simples dommages collatéraux de la guerre, mais bel et bien des armes stratégiques, visant à terroriser, humilier et déstructurer les communautés.
Des conséquences dramatiques et durables
Les survivants souffrent de traumatismes multiples avec des grossesses non désirées, des complications médicales, des infections sexuellement transmissibles, du rejet social et des pensées suicidaires.
L’ONG alerte également sur les pénuries de soins essentiels, comme les kits de prophylaxie post-exposition au VIH. Ces manques, dus à la réduction de l’aide internationale et aux difficultés d’accès aux zones de conflit, aggravent encore la situation.
En juin déjà, Save the Children dénonçait une réduction drastique de l’assistance aux survivants réfugiés au Burundi, alors que les cas chez les enfants y avaient triplé.
Une crise de protection qui interroge
Cette explosion des violences sexuelles pose une question centrale : la RDC et ses partenaires internationaux disposent-ils encore de la capacité, et surtout de la volonté, de protéger les plus vulnérables ?
La situation révèle à la fois l’échec des mécanismes de prévention et de protection des civils, la fragilité des systèmes de santé locaux face aux urgences et la dépendance critique à une aide humanitaire en baisse.
Pour de nombreux analystes, la solution passe par une approche globale passant par le renforcement de la protection civile, la lutte contre l’impunité des auteurs, le soutien psychosocial durable et le financement accru des services de santé sexuelle et reproductive.
Mais tant que les combats se poursuivent et que la communauté internationale se contente de réactions ponctuelles, les violences sexuelles risquent de rester une arme de guerre tolérée dans l’Est congolais.
Lydia Mangala


