La voix des survivantes des violences sexuelles liées aux conflits armés en République démocratique du Congo a résonné avec force le 27 mai dans l’enceinte du Sénat français grâce à Nicole Mundele, représentante d’Afia Mama ASBL en France, chargée de la lecture officielle de leur plaidoyer.
Intervenant devant des sénateurs français, des parlementaires congolais, des représentants d’institutions publiques, des organisations internationales et des acteurs de la société civile, elle a relayé les attentes, les revendications et les espoirs de milliers de femmes victimes des violences qui continuent de frapper l’Est de la RDC.
Porter la parole de celles qui ne peuvent être présentes
La lecture du plaidoyer s’est inscrite dans l’esprit même de la rencontre organisée sous le thème « Amplifier les voix des survivantes ».
Alors que plusieurs survivantes invitées n’avaient pas pu effectuer le déplacement jusqu’à Paris, ce document a permis de faire entendre leurs préoccupations directement auprès des responsables politiques et institutionnels réunis au Palais du Luxembourg.
En effet, Afia Mama ASBL a voulu rappeler que les survivantes ne sont pas uniquement des victimes à protéger, mais également des citoyennes capables de participer activement aux réflexions et aux décisions qui concernent leur avenir.
Des revendications centrées sur la justice

Le plaidoyer a mis en avant la nécessité de renforcer les mécanismes de lutte contre l’impunité afin que les auteurs de violences sexuelles répondent de leurs actes.
Les survivantes y expriment leur volonté de voir la justice fonctionner de manière effective, indépendamment du statut ou de l’appartenance des responsables présumés.
Elles rappellent également l’importance de préserver la mémoire des victimes et de garantir l’accès à la vérité sur les crimes commis au cours des différentes phases du conflit.
Réparations et accompagnement durable

Outre les poursuites judiciaires, le document insiste sur la nécessité d’assurer aux survivantes un accès effectif aux réparations.
Les victimes réclament notamment un accompagnement médical, psychologique, social et économique adapté à leurs besoins.
Pour elles, la réparation ne se limite pas à une compensation financière mais doit contribuer à restaurer leur dignité, leur autonomie et leur place au sein de leurs communautés.
Le plaidoyer souligne également l’importance de soutenir les initiatives locales portées par les femmes elles-mêmes dans les domaines de la reconstruction, de la cohésion sociale et de la consolidation de la paix.
Un appel à la communauté internationale

Dans le message porté par Nicole Mundele, les survivantes interpellent également les partenaires internationaux sur leur responsabilité dans la recherche de solutions durables.
Elles demandent un soutien accru aux mécanismes de justice, aux programmes de protection et aux structures d’accompagnement des victimes.
Le plaidoyer invite par ailleurs les décideurs internationaux à maintenir la situation de la RDC au centre des préoccupations diplomatiques et humanitaires.
Une remise solennelle aux institutions
À l’issue de la lecture, le plaidoyer a fait l’objet d’une remise officielle aux personnalités et institutions présentes lors de la soirée.
Ce geste symbolique visait à transformer les témoignages entendus tout au long de la rencontre en engagements concrets susceptibles d’améliorer la situation des survivantes sur le terrain.
Pour les organisateurs, cette étape constituait l’un des moments les plus importants de la soirée, puisqu’elle inscrivait les attentes des victimes dans une démarche formelle de plaidoyer auprès des décideurs.
De la parole à l’action
Nicole Mundele a rappelé que les survivantes ne demandent pas seulement à être écoutées, mais à être associées aux réponses politiques, judiciaires et sociales élaborées pour faire face aux conséquences des conflits.
Son intervention traduit ainsi l’ambition portée par Afia Mama ASBL de faire de la parole des survivantes un levier d’action et de transformation.
Dans une salle attentive, ce plaidoyer a réaffirmé une conviction partagée par de nombreux participants qu’aucune paix durable en République démocratique du Congo ne pourra être construite sans justice, sans réparation et sans la participation active des femmes qui ont survécu aux violences.
Joséphine Mawete


