Ce samedi 30 août 2025, la grande salle du Fleuve Congo Hôtel a vibré au rythme des mots.
Plus d’une centaine d’étudiants venus de différentes universités se sont réunis pour le lancement officiel du Concours interuniversitaire Éloquence 360.
Sous l’impulsion de Rody Zola, initiateur du projet, et de son équipe, cette initiative marque une nouvelle étape dans la promotion de la prise de parole consciente, considérée comme un outil de transformation sociale et un levier pour l’avenir de la jeunesse congolaise.
« Parler, c’est bien, mais bien parler, c’est encore mieux », a affirmé Rody Zola en introduisant la rencontre.
La vision d’Éloquence 360 : former des voix responsables
Dans son intervention, Rody Zola a insisté sur la nécessité de réapprendre à communiquer dans un monde saturé de paroles souvent vides de sens.
« Avec les réseaux sociaux, tout le monde s’exprime, mais trop souvent la parole est vide de style et de profondeur », a-t-il regretté.
Évoquant les grands principes d’Aristote comme le Logos (connaissance), l’Ethos (éthique) et le Pathos (émotion), il a rappelé que l’éloquence est un équilibre subtil qui doit s’enseigner.
Éloquence 360 ne se limite pas à un concours. Le projet est pensé comme une formation holistique, intégrant des masterclass déjà organisées à Leadership Academia et à l’Université Protestante du Congo, et qui trouvent aujourd’hui leur prolongement à travers ce concours interuniversitaire.
Une cérémonie sous le sceau de l’engagement institutionnel
La cérémonie a également connu la participation d’un représentant du ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire et de la recherche scientifique et innovation (ESURSI).
S’adressant aux étudiants, il a souligné :
« Un concours n’est pas seulement une compétition : il est une célébration. Une célébration de la pensée critique, de la culture du débat et de la jeunesse qui ose aujourd’hui s’exprimer », a-t-il déclaré.

« Vous avez entre vos mains un outil formidable : la parole. Mais pas n’importe quelle parole, une parole éduquée, réfléchie et engagée », a-t-il poursuivi.
Son discours, empreint d’émotion, a été salué par des applaudissements nourris.
Le Talkshow : partager des expériences de vie

Après les allocutions, un Talkshow a réuni Henry-Désiré N’zouzi, Tina Salama et Rody Zola.
Chacun a livré une partie de son parcours et des leçons tirées de son expérience.
Henry-Désiré N’zouzi, Global speaker, a rappelé l’importance de l’expérience :

« On apprend de ses erreurs et on commence à les éviter : c’est ce qu’on appelle l’expérience », a-t-il expliqué.
« Le 28 juillet, j’ai présenté la cérémonie d’ouverture des Jeux de la Francophonie devant 100 000 personnes. Ce qui a facilité les choses, c’est le travail », a-t-il insisté.

Pour sa part, Tina Salama, porte-parole du Chef de l’État, a partagé un témoignage empreint d’émotion :
« Mon parcours n’était pas tracé. Je ne m’étais jamais imaginée devenir la voix officielle d’un Président de la République », a-t-elle confié.
Encourageant les jeunes à dépasser leurs blocages, elle a exhorté :

« Vous allez tomber plusieurs fois, on va se moquer de vous. Mais cela ne doit pas vous empêcher d’oser », a-t-elle conseillé.

Enfin, Rody Zola est revenu sur son propre déclic :
« J’ai perdu des amis parce que je ne savais pas parler français. Avec ma petite expérience, j’ai compris que beaucoup veulent communiquer, mais nous sommes peu à savoir comment le faire », a-t-il confié.
Le challenge en ligne : quand les étudiants débattent

Un moment fort de la journée a été la restitution du challenge en ligne organisé en amont du concours. La question posée était simple mais profonde : « Est-ce qu’il faut à tout prix parler ? »
Les étudiants ont livré des réponses contrastées :
– Pour l’un d’eux,
« Parler, c’est s’affirmer, parler, c’est prendre position. On dit que le silence est d’or, mais la parole est sacrée », a-t-il déclaré avec conviction.
– Une étudiante a nuancé :
« Parler à tout prix peut tout gâcher, tout détruire. Parler par nécessité, c’est parler avec justesse », a-t-elle expliqué.

– Une autre, évoquant Rosa Parks, a insisté :
« Ces femmes ont brisé le silence. Elles ont refusé de se taire. Ce monde ne respecte pas le silence », a-t-elle rappelé.
– Enfin, un autre étudiant a mis en garde :
« Il ne faut pas parler à tout prix. Lorsque les mots sont mal placés, ils détruisent au lieu de construire », a-t-il affirmé.

À l’issue des délibérations, Tina Salama a choisi la gagnante : une étudiante qui a défendu la parole comme arme de libération en citant Rosa Parks.
Elle recevra une enveloppe destinée à financer ses études pour l’année prochaine.
Joelle Makembo Maya : quand l’éloquence devient lumière
La championne mondiale de l’éloquence, Joelle Makembo Maya, a captivé l’audience par un discours vibrant.
« Martin Luther King, Nelson Mandela, Malala, Rosa Parks ou encore Patrice Emery Lumumba n’ont pas parlé par hasard. Ils l’ont fait parce qu’ils portaient une force capable de briser les chaînes de l’injustice et d’illuminer les pages de l’Histoire », a-t-elle proclamé.
Elle a ensuite livré son rêve :

« Je rêve d’un Congo où les enfants jouent sans fuir, où les mères ne pleurent plus leurs fils tombés, où la paix n’est plus une prière incertaine mais une promesse tenue », a-t-elle déclaré sous les ovations.
Et maintenant, place au concours

La journée s’est clôturée par un mot de Rody Zola, qui a ouvert officiellement les inscriptions :
« Le portail d’inscription est ouvert jusqu’au 10 septembre », a-t-il annoncé.
Le concours, qui verra la participation de dix universités, se poursuivra par des phases éliminatoires dans les établissements, des sessions de coaching et se terminera par une grande finale le 1er novembre 2025.

Les partenaires sont nombreux notamment Présidence, Primature, ESURSI, Communication, Jeunesse, Relations avec le Parlement, Culture et Arts, Cadastre Minier, FSPEEJ, Mubia Immo, Tonton D, Fondation Widal, So Kin et bien d’autres.
Une jeunesse en marche
Le lancement du concours interuniversitaire Éloquence 360 a démontré que la jeunesse congolaise est prête à prendre la parole, non pas pour meubler le vide, mais pour donner du sens.
À travers cette initiative, un souffle nouveau traverse les campus, celui de la conviction que les mots peuvent changer le destin d’un peuple.
Lydia Mangala


