Le Centre d’Études pour l’Action Sociale (CEPAS) a accueilli, dans l’avant-midi de ce samedi 9 août 2025, un événement littéraire et politique d’envergure : le vernissage officiel de « Je m’engage en politique », ouvrage signé Chantal Faida Mulengabyuma.
Militante de longue date pour les droits des femmes et actrice politique engagée, l’autrice propose un texte à la fois autobiographique et pratique, pensé comme un outil de transformation sociale.
Paru en janvier 2025 et publié aux Éditions AndiBooks, le livre est déjà disponible à Kinshasa, Goma et sur la plateforme Amazon.
Un guide et un cri de ralliement
Loin d’un simple récit personnel, « Je m’engage en politique » se veut, selon Chantal Faida, un cri de ralliement, un guide d’engagement et une feuille de route pour toutes les femmes congolaises aspirant à transformer leur société à travers l’action politique.
Elle insiste sur le fait que le leadership féminin n’est pas une option, mais une exigence pour un développement inclusif et durable.
L’ouvrage invite chaque lectrice à allumer en elle la flamme du courage, de la persévérance et du devoir citoyen, et rappelle que chaque femme, quel que soit son parcours, détient les outils du changement.
Une reconnaissance du monde politique et littéraire
La cérémonie a réuni un parterre de personnalités issues des milieux littéraire, politique et académique : la ministre honoraire des Droits humains Chantal Chambu Mwavita, le bourgmestre de Lingwala Norbert Mushiga Nzindula, des responsables associatifs et des figures du monde de l’édition.
En ouvrant l’événement, Destin Weragi, éditeur principal d’AndiBooks, a rappelé les défis auxquels font face les femmes auteures :
« L’écriture des femmes devient encore plus difficile. C’est un acte de révolte et d’émancipation », a-t-il déclaré, citant Mariama Bâ : « La femme écrivaine est souvent confrontée au regard masculin paralysé. »
L’ancien ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts et président de l’Alliance pour le Développement de la République (ADR), Elvis Mutiri Wa Bashara, a salué une collaboratrice rigoureuse, loyale et intelligente lorsqu’elle fut sa secrétaire.

« Chantal Faida n’enseigne pas le leadership transformationnel, elle en est l’incarnation », a-t-il affirmé, soulignant sa résistance aux contre-valeurs et sa capacité à transformer ses idées en actions.
Un plaidoyer documenté pour la parité
Préfacé par Nathalie Barge, l’ouvrage met en lumière la rareté de modèles féminins en politique congolaise et appelle à combler ce vide.
L’autrice s’appuie sur des données frappantes : seulement 26 % des parlementaires dans le monde sont des femmes ; en 2021, dix pays avaient franchi un seuil significatif de représentativité féminine et seulement treize étaient dirigés par des femmes chefs de gouvernement.
La RDC, elle, se classe à la 144ᵉ place mondiale, juste après le Yémen, l’Afghanistan, le Niger et l’Arabie saoudite.
Toujours dans l’état des lieux que l’autrice a révélé, selon les nations unies, l’égalité de sexe ne sera atteinte qu’après 140 ans. Chant Faida estime qu’il est urgent d’agir pour réduire ce délai à 50 ou 60 ans.
Chantal Faida identifie trois freins majeurs :
–Les déterminants socioculturels : stéréotypes, codes sociaux et barrières symboliques ;
– Les déterminants économiques : faible autonomie financière et manque de ressources;
– Les déterminants politiques et juridiques : accès limité aux instances décisionnelles et cadres légaux insuffisants.
Pour y remédier, elle appelle à briser les codes, renforcer la puissance économique des femmes et réformer les mécanismes politiques.
Des voix unanimes pour saluer un engagement
Pour Aline Ntumba, critique littéraire et éditrice chez AndiBooks, « Je m’engage en politique » est un chef-d’œuvre dont toute femme doit se munir. Elle souligne que l’autrice n’a pas eu honte de partager ses échecs et de mettre en garde que quand on s’engage en politique, tout ne sera pas rose.
Alice Mirimo Kabetsi, administratrice directrice générale du Fonds national de promotion et de service social (FNPSS), voit en Chantal Faida une force de la nature qui reste debout en toute circonstance.
« La sous-représentation des femmes dans les sphères de pouvoir n’est pas une fatalité, mais un défi à mener avec détermination », a-t-elle mis l’accent.

Le bourgmestre de Lingwala, Norbert Mushiga Nzindula, a rappelé que la politique, c’est la gestion de la cité pour le bonheur de la population et a encouragé l’autrice à poursuivre son engagement.
Une conclusion tournée vers l’action
En clôturant la rencontre, Chantal Faida a invité les femmes à embrasser le leadership transformationnel et à se laisser porter par leurs plus grandes ambitions.
« Si vos rêves ne vous font pas peur, c’est qu’ils ne sont pas assez grands », a-t-elle affirmant en citant Eleanor Roosevelt.

La ministre honoraire Chantal Chambu Mwavita a officiellement baptisé l’œuvre de Chantal Faida.
Comme signe de reconnaissance, l’autrice a remis un brevet à la ministre honoraire pour sa présence et son accompagnement.
La cérémonie du vernissage s’est conclu par une vente aux enchères symbolique, au cours de laquelle la ministre honoraire Chantal Chambu Mwavita a acquis l’ouvrage pour soutenir l’autrice qui l’a dédicacé sur place.
Disponible en librairie et en ligne, « Je m’engage en politique » se positionne comme un manuel pratique pour les futures leaders, une source de courage pour celles déjà engagées, et un plaidoyer fort pour que la pleine participation des femmes en politique devienne une réalité tangible en RDC.
Lydia Mangala


