À l’ouverture de l’Africa Forward Summit ce lundi à Nairobi, le président kényan William Ruto a exhorté les pays africains à adopter pleinement les technologies numériques et à investir davantage dans des systèmes éducatifs modernes afin d’assurer une véritable transformation économique du continent.
Intervenant lors d’un panel réunissant dirigeants africains, investisseurs, innovateurs et décideurs politiques, le chef de l’État kényan a estimé que la prospérité future de l’Afrique dépendra de sa capacité à accélérer l’adoption des technologies, à renforcer les infrastructures numériques et à doter les jeunes des compétences adaptées à l’économie moderne.

« Nous devons nous assurer que nos pays disposent d’infrastructures numériques adéquates », a déclaré William Ruto.
Le président kényan a affirmé que le Kenya avait déjà réalisé des avancées significatives dans la construction d’une économie numérique et se positionnait désormais comme un hub régional de la technologie et de l’innovation.
« Au Kenya, nous fabriquons désormais de nombreux équipements numériques, notamment des téléphones et des ordinateurs », a-t-il indiqué.
William Ruto a également souligné les investissements massifs réalisés dans les infrastructures de connectivité afin d’accompagner la transformation numérique de plusieurs secteurs économiques.

« Nous avons déployé près de 30 000 kilomètres de fibre optique au Kenya », a-t-il précisé, insistant sur le rôle stratégique de l’accès à Internet dans le développement de l’innovation, de l’entrepreneuriat et de l’accès à l’information.
Le président kényan a par ailleurs appelé les États africains à revoir leurs systèmes éducatifs pour les adapter aux exigences de l’ère numérique.
« Rien ne nous empêche de mettre en place une véritable acquisition des connaissances. Nous devons repenser tout l’écosystème éducatif », a-t-il affirmé.
Selon lui, le Kenya a déjà réformé son système éducatif en adoptant une approche basée sur les compétences, afin de former des diplômés répondant aux besoins du marché du travail.

« Au Kenya, nous avons dû réviser notre système éducatif pour le rendre basé sur les compétences », a-t-il expliqué.
Le chef de l’État a également révélé que 60 % des enseignements sont désormais orientés vers les filières STEM, notamment les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques.
William Ruto a appelé les gouvernements africains à investir davantage dans l’éducation, le développement des compétences et l’innovation afin de permettre au continent de tirer pleinement profit des technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle.
Le président kényan a aussi mis en avant l’attractivité croissante du Kenya pour les grandes entreprises technologiques internationales et les sociétés d’externalisation de services.
Selon lui, le ministère kényan des TIC travaille activement pour faire du pays une porte d’entrée des investissements numériques mondiaux en Afrique.
« Nous faisons en sorte que certaines des meilleures entreprises du monde viennent collaborer avec nous », a-t-il déclaré.

William Ruto s’est notamment félicité de la croissance rapide du secteur kényan du Business Process Outsourcing (BPO), affirmant que le pays attire de plus en plus de grandes entreprises internationales grâce à sa jeunesse qualifiée, ses infrastructures modernes et son dynamisme entrepreneurial.
« L’année dernière, la plus grande entreprise mondiale de Business Process Outsourcing s’est installée au Kenya », a-t-il affirmé.
Pour le président kényan, la technologie et l’intelligence artificielle définiront la prochaine phase de croissance économique mondiale, et l’Afrique ne peut se permettre de rester en marge de cette révolution.
Le sommet, coorganisé par William Ruto et Emmanuel Macron, se tient les 11 et 12 mai au Kenyatta International Convention Centre ainsi qu’à l’University of Nairobi.
Joséphine Mawete


