Lydie Omanga, vice-présidente de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC), a pris part à la première édition de « Le 8 mars de la Transformation et du Leadership Féminin », organisée le 18 mars dernier à Kinshasa sous le haut patronage de la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi.
Cette rencontre a réuni plus de 300 élèves finalistes issues de plusieurs établissements de la capitale, dans un cadre de dialogue intergénérationnel centré sur les droits des femmes, le leadership féminin, ainsi que les défis contemporains liés au numérique et à l’employabilité. L’objectif de cette initiative était de sensibiliser, orienter et outiller ces jeunes filles à un moment clé de leur parcours, tout en leur offrant des repères concrets pour mieux appréhender leur avenir académique et professionnel.
Dans ce contexte, l’intervention de la Vice-Présidente de l’ARPTC s’est distinguée par un discours direct, structuré et ancré dans le vécu professionnel. Elle a partagé avec les participantes des enseignements tirés de son expérience, en mettant un accent particulier sur les attitudes et comportements qui favorisent l’accès aux opportunités dans un environnement compétitif.
Elle a d’abord insisté sur l’importance du mérite et des compétences comme principaux leviers de progression, en déconstruisant l’idée selon laquelle les relations sociales ou familiales suffisent à garantir une ascension professionnelle.

« Ne pensez pas que vous allez monter les échelons parce que « je connais madame qui connaît untel » Non », a-t-elle affirmé, avant de rappeler que les opportunités, bien qu’elles puissent parfois être facilitées par l’entourage, ne prennent véritablement de valeur que si la personne est en mesure de les exploiter.
Elle a ainsi souligné que la responsabilité individuelle reste déterminante dans la transformation d’une opportunité en réussite concrète.
« Les gens de vos familles peuvent vous donner des opportunités mais si vous n’avez pas les compétences, vous ne saurez pas les transformer », a-t-elle insisté, mettant en lumière le rôle central de la compétence, de la préparation et de l’adaptabilité dans tout parcours de réussite.

Au-delà des aptitudes techniques, Lydie Omanga a également abordé la question de l’image personnelle, qu’elle considère comme un élément stratégique dans la perception et l’évaluation d’un individu dans un environnement professionnel.
Elle a expliqué que la manière dont une personne se présente constitue souvent le premier niveau d’appréciation avant même toute évaluation de ses compétences. Dans un monde où les interactions sont rapides et parfois superficielles, l’apparence, la posture et l’attitude jouent un rôle non négligeable dans l’établissement de la confiance et du respect.
« Les gens ne vous connaissent pas. Les gens voient ce que vous leur donnez à voir », a-t-elle déclaré, appelant les jeunes filles à accorder une attention particulière à leur présentation, non pas dans une logique de conformité, mais comme une expression de respect envers soi-même et envers les autres.

Dans la continuité de cette idée, elle a encouragé les participantes à développer une image cohérente, alliant soin personnel, expression maîtrisée et comportement professionnel, afin de renforcer leur crédibilité et leur impact dans les environnements où elles évolueront.
« L’image compte. Et quand vous êtes cohérente avec votre image, que vous vous présentez bien et que vous vous exprimez bien… dites-moi, pourquoi on ne vous embaucherait pas ? », a-t-elle lancé, en mettant en évidence le lien entre perception, confiance et opportunités.

Par ailleurs, son intervention a également mis en avant l’humilité, une dimension essentielle du leadership personnel. Selon elle, l’évolution professionnelle ne repose pas uniquement sur la volonté de s’imposer ou de démontrer sa valeur, mais aussi sur la capacité à apprendre, à écouter et à se remettre en question.
Elle a ainsi mis en garde contre les effets négatifs de l’ego, qui peut freiner l’apprentissage et limiter les perspectives d’évolution lorsqu’il prend le dessus sur l’ouverture d’esprit.
« Lorsque vous mettez votre ego devant, vous ratez un tas de choses », a-t-elle expliqué, soulignant que la posture d’écoute et d’acceptation constitue un levier important de progression.
Elle a partagé, à travers son propre parcours, une évolution marquée par le passage d’une logique de démonstration à une logique d’apprentissage et d’accompagnement des autres. Cette transformation, selon elle, lui a permis de mieux comprendre les dynamiques humaines et professionnelles, et de renforcer sa capacité à contribuer efficacement au développement des équipes et des projets.
« Au lieu de vouloir prouver, j’ai commencé à écouter », a-t-elle confié, montrant un changement de posture qu’elle considère comme déterminant dans son évolution personnelle et professionnelle.

Elle est également revenue sur les perceptions liées à son identité et à son héritage familial. Elle a partagé une anecdote révélatrice, en évoquant une remarque qui lui a été adressée.
« Un jour, quelqu’un m’a dit : « Yo muana ya Omanga » », a-t-elle raconté, avant de répondre avec une forme de fierté et de détermination intérieure.
« Demain, on dira : c’est le papa de Lydie », a-t-elle affirmé dans le but de construire sa propre identité et de se faire reconnaître pour ses réalisations personnelles plutôt que pour le nom de son père.
La Vice-Présidente de l’ARPTC a transmis aux jeunes filles présentes une réussite fondée sur la compétence, la discipline, la présentation de soi et l’humilité afin d’encourager une génération de femmes conscientes de leur valeur, capables de saisir les opportunités et de les transformer en trajectoires significatives.
Lydia Mangala


