À l’heure du bilan de fin d’année et des choix décisifs pour l’avenir des institutions, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a livré un message sans détour aux agents et cadres de l’administration judiciaire.
Face aux dérives persistantes du système, le ministre a affirmé que le temps de l’observation est terminé, celui de l’action commence.
Devant ses collaborateurs, le ministre a fixé un cap clair pour l’appareil judiciaire congolais, fondé sur la rigueur éthique, la lutte frontale contre la corruption et l’impunité, ainsi que la construction d’une justice de proximité crédible, réellement au service du citoyen.
Tolérance zéro face aux antivaleurs dès 2026

Guillaume Ngefa a annoncé qu’à partir de 2026, une politique de tolérance zéro sera appliquée contre toutes les pratiques qui minent la justice entre autres monnayage des actes, absentéisme, retards répétés, concussion, indiscipline et autres antivaleurs.
Pour le ministre, il ne s’agit plus de discours, mais d’un changement de comportement attendu de toute l’administration judiciaire.
Il a rappelé que les magistrats et agents judiciaires doivent incarner les valeurs de la République et comprendre que toute extorsion ou abus sera désormais traité comme une infraction à part entière.
Des réformes déjà engagées, des actions appelées à se renforcer

Le ministre a souligné que des avancées concrètes ont déjà été réalisées, notamment l’assainissement de la délivrance des documents judiciaires et le démantèlement des réseaux informels qui prospéraient dans l’ombre des tribunaux.
Les actions contre la corruption, la spoliation foncière et les fraudes minières se poursuivent, a-t-il précisé, dans la discrétion mais avec fermeté.
« Ce sont les actes qui parlent », a insisté Guillaume Ngefa, affirmant sa volonté de privilégier les résultats visibles plutôt que les annonces spectaculaires.
Diplomatie judiciaire et réforme du système pénitentiaire

Abordant la dimension internationale, le Garde des Sceaux a mis en avant le rôle stratégique de la diplomatie judiciaire dans les dossiers engageant la République.
Un guichet unique de coopération judiciaire sera mis en place afin de renforcer l’efficacité et la cohérence de l’action de l’État dans ce domaine.
Sur le plan pénitentiaire, un vaste programme de construction et de réhabilitation des prisons est annoncé dès 2026.
L’objectif est de remplacer des infrastructures vétustes, parfois centenaires, et mettre fin aux pratiques de rétrocommissions qui ont longtemps gangrené le secteur.
Une réforme qui doit survivre aux hommes
Concluant son adresse, Guillaume Ngefa a rappelé le sens de sa mission de servir l’État, et non s’y installer.
« Le ministre est un passager ; les réformes, elles, doivent rester », a-t-il déclaré, appelant l’ensemble de l’administration judiciaire à s’approprier cette dynamique.
À travers ce message fort, le ministre de la Justice entend poser les bases d’une justice intègre, moderne et digne de la confiance des citoyens, condition essentielle pour l’État de droit et la stabilité de la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


